Bruxelles cherche un gouvernement, Bouchez cherche un miracle (avant le 21 juillet)
Bouchaib El Bazi
Cela se passe dans une capitale européenne. Non, pas Kiev, pas Varsovie. Bruxelles. Ville de l’absurde, capitale de 19 mairies, 6 gouvernements, 3 langues, et bientôt zéro majorité. Depuis les élections du 9 juin… 2024 (oui, 2024, ce n’est pas une faute de frappe), la Région-Cirque cherche désespérément une troupe stable pour gouverner son chapiteau. Et c’est Georges-Louis Bouchez, l’enfant terrible du MR, qui nous promet un tour de magie pour le 21 juillet.
“Ce ne sera peut-être pas le gouvernement de nos rêves”, a-t-il déclaré. En effet, ce sera probablement celui de nos insomnies. #GouvernementDesCauchemars
Vétos, violons et valse à mille tensions
Si Bruxelles est la ville du surréalisme, sa politique est digne d’un opéra baroque dirigé par des chefs d’orchestre sans partition. Chaque parti y va de son veto, sa contre-véto, sa menace à demi-mots ou sa bouderie linguistique. Côté francophone, PS et MR se regardent comme deux ex qui doivent cohabiter pour le bien des enfants (comprendre , les allocations). Côté néerlandophone, la N-VA exige “une majorité flamande dans la capitale francophone”. C’est un peu comme exiger du soleil en Belgique , légalement souhaitable, mais climatiquement incertain.
“On travaille en coulisses” dit Bouchez. Normal. On ne veut pas que le public voie le désastre en pleine lumière. #OpéraDuRien
Des “solutions créatives” ou comment maquiller l’immobilisme
Le président du MR l’assure , on va trouver une “solution créative”. Le genre de solution où on repeint les mêmes chaises musicales et on appelle ça un changement. Peut-être un gouvernement “technique”, ou “temporaire”, ou “d’utilité publicitaire”. Bref, une de ces inventions belges dont on a le secret. Il faut bien sauver les apparences et quelques échevins au passage.
“Ce ne sera pas parfait”, concède Bouchez. Un aveu de lucidité rare. On l’aurait applaudi, s’il n’était pas l’un des principaux artisans du casse-tête. #CulpabilitéPartagée
Et pendant ce temps…
Le citoyen bruxellois continue de galérer à trouver un médecin, une école, ou une ligne de métro qui ne soit pas fermée “jusqu’à nouvel ordre”. Mais il peut se consoler , ses élus, eux, travaillent “en silence”. Comme une grippe intestinale ou un complot d’école primaire.
D’ici au 21 juillet, tout reste possible , un accord improbable, un énième report, ou une déclaration historique du type , “On est tombés d’accord sur un désaccord”. Et si rien n’aboutit, ce ne sera pas grave. Le 22 juillet, tout le monde part en vacances. Y compris la démocratie.
#BruxellesEnAttente
#GouvernementFantôme
#FormationOuFiction
#BouchezEtLesMystères
#21JuilletOuJamais
#PolitiqueDePlacard