À Bruxelles, la formation du gouvernement vire à la guerre de clochers… en trois langues

Bouchaib El Bazi

Le Parlement flamand fête joyeusement la Communauté, pendant que Bruxelles enterre en silence son gouvernement. Voilà plus d’un an que la capitale de l’Europe, de la frite et de la fracture communautaire attend un exécutif. À ce stade, même la SNCB est plus ponctuelle que nos politiciens.

Et c’est dans ce contexte de paralysie linguistico-politique que Freya Van den Bossche (Vooruit), présidente du Parlement flamand, a dégainé son sabre symbolique à l’hôtel de ville de Bruxelles. Objectif : découper un certain Ahmed Laaouej (PS), grand maître du veto contre la N-VA, en tranches de désaccord. #GameOfVotes

“À Bruxelles, on continue à danser autour de son nombril.”

On espère juste que le DJ est subventionné.

Le bal des egos communautaires continue

Madame Van den Bossche a la dent dure, surtout contre ce PS bruxellois qui, selon elle, ignore royalement le droit sacré à l’autonomie des néerlandophones de Bruxelles. La N-VA ne serait plus un épouvantail, mais un partenaire sérieux. Sauf qu’à Bruxelles, les partenaires sérieux sont ceux qu’on exclut d’emblée.

“Ce ‘non’ est une gifle à la démocratie”, dit-elle.

On rappelle gentiment que son propre parti (Vooruit) a déjà claqué des portes, changé de serrures et menacé de ne plus parler au PS sans médiation conjugale. #RèglementDeComptesÀLaFlamande

Philippe Close, arbitre ou poète bruxellois ?

Pendant ce temps, le bourgmestre de Bruxelles, Philippe Close (PS), tente l’impossible , faire une phrase qui plaise à tout le monde. Il déclare que “nous sommes tous responsables de l’impasse”. Une manière élégante de dire “c’est la faute de tout le monde sauf de moi”.

“Ne sommes-nous plus capables de jeter des ponts ?”

Non Philippe. On préfère jeter des communiqués en flamand et des piques en français. #PontsCoupés

Close tente l’humour avec une référence aux réformes d’Elio Di Rupo et à une taxe imaginée par Bart De Wever. Un socialiste qui applaudit les investissements flamands à l’aéroport ? C’est soit de l’ouverture d’esprit, soit une intoxication au CO₂ de Zaventem. #NationalisationPoétique

Le MR et le PS sur le divan conjugal

Et au fond du couloir, le président du MR, Georges-Louis Bouchez, confirme qu’il y a des “discussions en coulisses” avec le PS. C’est-à-dire qu’ils se croisent aux toilettes lors des fêtes communautaires, et se font des clins d’œil gênés. #CoalitionNetflix

GLB promet une “solution créative avant le 21 juillet”. En langage bruxellois, cela veut dire : un PowerPoint, une promesse floue et des photos d’une réunion autour d’un café. Mais à défaut d’un gouvernement, on aura au moins une communication Instagram. #StorySansGouvernement

Les Engagés toujours en quête de lumière

Christophe De Beukelaer, chef des Engagés bruxellois, jubile : “Nous sommes heureux que PS et MR renouent le dialogue.” On dirait un prêtre assistant à la réconciliation de deux divorcés. Et lui ? Il attend patiemment qu’on l’invite à la table. Ou au moins à l’apéro. #DisponibleMaisInvisible

“Nous agirons de manière discrète.”

C’est vrai. On avait presque oublié qu’ils existaient.

À Bruxelles, la coalition n’est pas une question de programme, mais de posture. À défaut de gouverner, on se dispute la manière de ne pas le faire. En trois langues. Et toujours avec le sourire.

#ViveLeBlocage

#BruxellesLaTrilingue

#FreyaEnColère

#LaaouejLeVétéranDuVeto

#CloseLePacificateur

#BouchezLeMagicien

#EngagésMaisPasTrop

#21JuilletOuJamais

#GouvernementFantôme

 

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