Vacances à Kénitra : une famille MRE hospitalisée après avoir goûté au “poisson à la chouwaya” de Mehdia
Majdi Fatima Zahra
Kénitra – Chroniques d’un été bien grillé.
Ce qui devait être un simple retour au pays, entre soleil, sable et sardines, s’est transformé en épopée intestinale pour une famille marocaine venue de Belgique. Hospitalisés en urgence , les membres de cette paisible tribu ont été victimes d’une intoxication alimentaire, apparemment causée par un dîner improvisé sur la plage de Mehdia – plus précisément, par un festin de poissons grillés à la “chouwaya”, préparés avec tout l’amour… et peut-être un soupçon de salmonelle.
Selon des sources hospitalières, deux garçons de la fratrie sont actuellement dans un état critique, tandis que les parents, eux aussi incommodés, ont été placés sous surveillance médicale. Leur crime ? Avoir cédé à la tentation du barbecue ambulant, ce rituel estival où poissons, charbon, mayonnaise douteuse et hygiène approximative forment le quatuor infernal de la gastronomie côtière.
“Ils ont juste mangé un peu du merlan. Rien d’exotique. Mais on aurait dit que leurs estomacs avaient croisé Daech”, commente un proche, partagé entre consternation et indignation.
“Chouwaya” ou roulette russe gustative ?
À Mehdia, les stands de grillades fleurissent en été comme les méduses en bord de mer. Certains sont tenus par des professionnels passionnés. D’autres… par des amateurs éclairés, armés d’un grill en fer rouillé, de poissons aux origines incertaines, et d’une bouteille d’huile périmée en guise de touche finale.
“Ce n’est pas la première fois qu’on voit ça”, souffle un agent sanitaire en civil. “Mais allez interdire le commerce de la sardine grillée à 10 dirhams par barquette, et c’est la révolution.”
La famille belge, qui venait “retrouver les saveurs du pays”, a sans doute retrouvé plus qu’elle ne cherchait. Une soirée à la plage s’est transformée en cauchemar hospitalier, avec perfusions, analyses et promesse solennelle de ne plus jamais faire confiance à un poisson qui sourit dans une glacière en plastique.
L’appel du bled… et des bactéries
Cet incident relance une question récurrente , que fait-on réellement pour protéger la santé des estivants, qu’ils soient touristes ou Marocains du monde ? En été, les côtes marocaines deviennent le terrain de jeu de vendeurs improvisés, où la concurrence se mesure à la quantité de fumée et non au respect des normes sanitaires.
Du côté des autorités locales, on promet des contrôles plus stricts et des campagnes de sensibilisation. En attendant, les MRE continuent de faire le grand écart entre nostalgie et indigestion, entre le goût du pays et l’arrière-goût des bactéries.
Moralité ? Si vous entendez “poisson frais, bien grillé, pas cher”, méfiez-vous. Parfois, le vrai prix se paie en salle d’urgence.