Belgique : réduction du nombre d’enseignants marocains et interdiction d’enseigner dans les mosquées et associations – les dessous d’une décision controversée

Bouchaib El Bazi

Dans une mesure qui a suscité des réactions contrastées au sein de la communauté marocaine, les autorités belges ont décidé de réduire le nombre d’enseignants marocains en poste dans les écoles belges et de leur interdire l’enseignement dans les mosquées et associations. Une décision qui, loin d’être improvisée, fait suite à plusieurs enquêtes et plaintes révélant une réalité professionnelle plus complexe qu’il n’y paraît.

Selon des informations recueillies par Akhbarna Al Jaliya, certains enseignants marocains détachés du Maroc refusaient d’assurer des cours dans les associations ou les mosquées, invoquant un « harcèlement professionnel » et le fait de devoir travailler les samedis et dimanches, en plus des jours de semaine dans les écoles belges.

Cependant, l’enquête menée par le journal a mis en lumière d’autres éléments : ces enseignants n’assuraient que deux heures de cours par jour dans les écoles, soit environ dix heures par semaine, pour un salaire mensuel oscillant entre 1 800 et 2 600 €, auquel s’ajoute leur rémunération au Maroc. Face à ce volume horaire limité, le service de l’enseignement relevant de la Fondation Hassan II avait porté la charge hebdomadaire à 20 heures, via des cours dispensés dans les mosquées et associations pour les enfants de la diaspora.

Mais ce dispositif n’a pas suffi à apaiser les tensions. Les autorités belges, après enquête, ont constaté que le nombre d’enseignants était disproportionné par rapport aux besoins réels en heures de cours, et que beaucoup exerçaient par ailleurs d’autres activités professionnelles en raison de leur faible charge horaire quotidienne. Résultat : une décision ferme de réduire le nombre d’enseignants et d’interdire tout enseignement dans les mosquées et associations, afin d’adapter les effectifs aux besoins réels des établissements belges.

Derrière ce choix administratif se cache un débat plus large sur la gestion du dossier de l’enseignement aux enfants de la diaspora marocaine en Europe, et sur l’absence d’outils de suivi et d’évaluation rigoureux. Comme le dit si bien le proverbe populaire : « Qui creuse une fosse y tombe lui-même ».

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