Les Marocains du monde : un capital humain et culturel stratégique pour le développement national

Bouchaib El Bazi

À l’occasion de la Journée des Marocains du monde, célébrée le 10 août, le président du Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME), Driss El Yazami, a réaffirmé, dans un entretien accordé à Le360, le « ferme attachement » de cette communauté à sa religion, à sa patrie et à son Roi. Cet attachement, souligne-t-il, se matérialise autant par les liens affectifs et identitaires que par des contributions économiques et culturelles mesurables.

Une communauté transnationale aux attaches multiples

Avec plus de six millions de membres répartis sur les cinq continents, la communauté marocaine à l’étranger (MRE) constitue un prolongement naturel de la nation. Sa relation avec le Maroc ne se limite pas aux séjours estivaux ou aux fêtes religieuses , elle s’exprime également par une solidarité économique constante, notamment à travers les transferts financiers. Ces envois de fonds, véritables « ballons d’oxygène », améliorent le quotidien de centaines de milliers de familles et contribuent au financement de projets locaux structurants.

Cette double présence — physique et économique — confère aux MRE un rôle central dans le développement territorial et dans le maintien d’un lien identitaire fort, transmis aux générations suivantes.

Simplification administrative et digitalisation

Pour Driss El Yazami, la consolidation de ce lien passe aussi par la modernisation des services administratifs destinés aux MRE. Il plaide pour une digitalisation accrue des procédures — de la prise de rendez-vous consulaire à l’obtention de documents officiels — afin de lever les obstacles bureaucratiques et de garantir une interaction fluide avec les institutions marocaines. Malgré des avancées notables, le président du CCME reconnaît que des marges d’amélioration subsistent, notamment dans l’accessibilité et l’harmonisation des services.

Des acteurs économiques et culturels de premier plan

La contribution des MRE ne se limite pas aux transferts financiers. Le CCME met également en avant la mobilité circulaire , une dynamique par laquelle les investissements se font à la fois dans le pays de résidence, dans le pays d’origine et au Maroc, créant ainsi des ponts économiques durables.

Sur le plan culturel, les Marocains du monde s’imposent comme ambassadeurs naturels du patrimoine marocain. La participation de 370 jeunes créateurs MRE au Salon international de l’édition et du livre 2025 illustre cette vitalité créative, tout comme la présence d’artistes marocains sur les scènes internationales.

Féminisation et montée en qualification

L’une des tendances notables est la féminisation croissante de cette diaspora. Dans le domaine littéraire, par exemple, un nombre croissant de romancières marocaines publient en plusieurs langues — français, espagnol, anglais, allemand — contribuant ainsi à élargir l’audience de la création marocaine.

De plus, le niveau académique des MRE témoigne de leur potentiel stratégique , 20 % d’entre eux disposent d’un diplôme de niveau Bac+6 ou plus, un indicateur qui confirme leur rôle possible dans les transferts de compétences et le développement de projets innovants au Maroc.

Une reconnaissance symbolique et historique

Le 15 août à Nador, le CCME rendra hommage à la communauté marocaine de Belgique en présentant l’ouvrage Belgica Biladi. Une histoire belgo-marocaine. Après une première présentation à Bruxelles, l’édition arabe sera dévoilée à Saïdia et Al Hoceïma, offrant aux Marocains en vacances l’opportunité de découvrir ce travail de mémoire.

À travers cette initiative, le CCME ne se limite pas à une reconnaissance symbolique , il contribue à documenter l’histoire migratoire, à renforcer les passerelles culturelles et à affirmer le rôle des MRE comme acteurs à part entière du développement national et de la diplomatie culturelle.

 

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