Tebboune : le meilleur ambassadeur… de la diplomatie marocaine

Bouchaib El Bazi

À ceux qui persistent à croire que les Marocains détestent Abdelmadjid Tebboune et souhaitent le voir quitter le pouvoir, il faudrait peut-être rappeler une vérité cruelle : jamais un président algérien n’aura autant servi la cause nationale marocaine. En cinq petites années, notre diplomatie a engrangé plus de succès qu’en quatre décennies de débats feutrés et de communiqués prudents. Et ce, grâce à quoi ? À la constance d’un voisin qui, tel un joueur de poker distrait, étale ses cartes… et les perd toutes.

Tebboune, c’est un peu notre “joker surprise” dans la grande partie de géopolitique maghrébine. Chaque fois qu’il ouvre la bouche, Rabat encaisse un dividende diplomatique. Les maladresses se succèdent avec un naturel désarmant : menaces mal calibrées, récits officiels truffés d’anecdotes douteuses, et surtout ces fameuses déclarations où l’on confond le présent, le passé et parfois la planète entière.

Il faut dire que les Marocains ne s’y trompent pas. Lassés des caméras cachées et des farces télévisées de Ramadan, ils ont trouvé une nouvelle source de divertissement : les allocutions et interviews du président algérien. Entre deux gorgées de thé à la menthe, on s’offre un moment de détente en visionnant ces perles audiovisuelles, où l’art de dire tout et n’importe quoi devient une performance nationale. Les chaînes marocaines n’ont pas eu besoin de produire un programme humoristique : Tebboune livre la saison complète, gratuitement.

Et que dire de ses petites histoires ? Qui ne se souvient pas de ses déclarations sur “la farine qui nourrit mieux que le couscous” ou sur “les pays qui font la queue pour copier le modèle algérien” ? Des perles qui, au fil du temps, ont propulsé le président au rang de star involontaire des réseaux sociaux, avec un palmarès de mèmes digne des plus grands humoristes… involontaires.

Au fond, Tebboune aura accompli ce que peu de leaders arrivent à faire : unir un peuple… mais pas le sien. Les Marocains, eux, lui reconnaissent au moins un mérite : avoir démontré, par ses propres errements, que la cause nationale ne se défend pas seulement par des arguments, mais aussi par l’intelligence stratégique – un domaine où, manifestement, Alger a décidé de faire relâche.

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