Forêts ravagées près de Chefchaouen : 500 hectares détruits, la lutte continue
Bouchaib El Bazi
Chefchaouen (Maroc) – Après plus de vingt-quatre heures d’efforts ininterrompus, les équipes de secours marocaines poursuivaient mercredi soir leurs opérations pour éteindre les derniers incendies foyers d’un vaste incendie ayant ravagé environ 500 hectares de forêts et de terres agricoles dans la commune de Derdara, au nord du pays.
Selon l’Agence nationale de l’eau et des forêts (ANEF), trois des quatre foyers actifs ont pu être maîtrisés dans la journée. Aucun bilan humain n’est à déplorer, mais les dégâts environnementaux et économiques s’annoncent considérables. Plus de 450 intervenants, épaulés par huit avions — dont quatre Canadair —, restent mobilisés pour éviter toute reprise des flammes.
Des conditions climatiques défavorables
Abderrahim Houmy, directeur général de l’ANEF, a qualifié cet épisode de « plus grand incendie de l’année » au Maroc. Les opérations ont été rendues particulièrement difficiles par un relief escarpé et la présence du chergui, ce vent chaud et sec venu du Sahara, qui attisait encore les braises mercredi soir.
Depuis 2018, le Royaume subit une sécheresse chronique, multipliant les risques de départs de feu dans les zones forestières. Plus tôt dans la journée, un autre incendie, déclaré dans les montagnes de Tétouan, avait pu être totalement circonscrit.
Des habitations menacées, la population mobilisée
Par endroits, les flammes se sont dangereusement rapprochées d’habitations, de stations-service et même du centre de Derdara. Face à l’avancée du feu, certains habitants sont venus prêter main-forte aux pompiers, armés de simples seaux d’eau. Les pentes boisées, autrefois prisées des randonneurs et amateurs de paysages verdoyants, sont désormais recouvertes d’un épais voile de fumée.
Une enquête a été ouverte pour déterminer l’origine du sinistre. Le programme européen Copernicus classe, pour cette semaine, le risque d’incendie comme « extrême à très extrême » dans l’ensemble du bassin méditerranéen, un avertissement qui résonne particulièrement au Maroc, où la saison estivale reste encore à haut risque.