Abdelmadjid Tebboune : du palais d’El Mouradia à la scène de la comédie mondiale
Bouchaib El Bazi
Il fut un temps où les conférences de presse présidentielles étaient des moments solennels, où l’on attendait du chef de l’État des décisions stratégiques et des visions d’avenir. En Algérie, ce rituel a pris une tournure inattendue : chaque apparition d’Abdelmadjid Tebboune est désormais vécue comme un sketch, un rendez-vous humoristique dont le monde entier se régale. Le président a troqué, sans le savoir, le rôle d’homme d’État contre celui de « plus grand clown politique de la planète ».
Des promesses qui font rire plutôt que rêver
Du fameux « l’Algérie sera bientôt une puissance économique mondiale » à l’annonce d’un pays qui deviendra « le grenier de l’Europe », en passant par la mythique « voiture 100 % algérienne » finalement réduite à un tournevis importé, chaque sortie présidentielle ressemble davantage à une parodie qu’à un projet national.
Les comparaisons extravagantes s’accumulent : l’Algérie rivaliserait avec l’Amérique, dépasserait l’Europe et offrirait au monde des modèles uniques de développement… Sauf que dans les rues d’Alger, les files d’attente pour un sachet de lait ou une bouteille d’huile rappellent une réalité beaucoup moins grandiose.
Quand le monde rit, l’Algérien pleure
À l’international, les déclarations de Tebboune sont devenues un matériau comique inépuisable. Les réseaux sociaux transforment chacune de ses phrases en mème viral, les caricaturistes se régalent, et les journalistes attendent sa prochaine conférence comme on attend la sortie d’un nouveau spectacle de stand-up.
À l’intérieur du pays, l’ambiance est toute autre : l’humour se mue en amertume. Les Algériens assistent impuissants à la déconnexion totale de leur président, obligé de jouer au visionnaire alors que la réalité sociale les écrase.
Le premier président-mème de l’Histoire
Jamais un chef d’État n’aura été autant cité dans le monde numérique pour des phrases absurdes plutôt que pour une politique cohérente. Tebboune est devenu malgré lui une star du comique involontaire : chaque micro qui s’allume devant lui se transforme en projecteur, chaque plateau télé en scène de cabaret.
la politique version « Tebboune »
Si l’Histoire devait retenir Abdelmadjid Tebboune, ce ne serait pas pour avoir redressé l’économie de son pays ni pour avoir pesé sur la diplomatie mondiale. Mais plutôt pour avoir inauguré une nouvelle discipline : la politique-spectacle absurde, où le président amuse la galerie et laisse derrière lui un peuple partagé entre le rire nerveux et les larmes amères.