Crise au Consulat Général du Maroc à Francfort : accusations de mauvaise gestion et de favoritisme
Bouchaib El Bazi
Francfort – Le Consulat Général du Royaume du Maroc à Francfort traverse une zone de turbulences sans précédent. Des employés, des citoyens et des associations issues de la diaspora marocaine en Allemagne dénoncent une série d’irrégularités et de dysfonctionnements qu’ils attribuent directement au consul général, M. Khalifa Aït Chaib.
Un logement de fonction au cœur de la controverse
La première polémique concerne le logement de fonction du consul général. Selon les informations recueillies, M. Fouad Dardour n’aurait pas perçu le montant lié à la mise à disposition du bien. De plus, le loyer officiel aurait été gonflé artificiellement de 2 600 € à 3 900 € par mois, assorti de dépenses supplémentaires pour un mobilier estimé à 36 000 €. Ces pratiques sont perçues par plusieurs observateurs comme un possible « abus de fonction », appelant à un audit clair et indépendant.
Recrutements contestés et exclusion de compétences
Un autre dossier sensible est celui des recrutements. La nomination de Mme Jamila Mokhtari, épouse de Abdelatif , est particulièrement critiquée , elle n’aurait jamais rejoint son poste au consulat. Dans le même temps, la femme chargée de l’entretien, reconnue pour son sérieux, a été licenciée sous prétexte de « fuite d’informations » vers des associations, avant d’être remplacée par une personne étrangère.
Des pressions auraient également été exercées sur des diplomates compétents, dont M. Hussein Esrouti, sanctionné par une affectation en Liberia dans des conditions jugées arbitraires. Cette décision aurait été encouragée par Mustapha Elyazidi, collaborateur proche du consul, et Azzhar , responsable administrative.
Un climat de tension et des présences controversées
Le malaise interne s’est accentué avec la présence quasi permanente de M. Bachir Beltit au sein du consulat, bien qu’il n’y occupe aucune fonction officielle. Son implication dans la gestion quotidienne, ainsi que celle de son fils Mohamed Beltit, connu pour des antécédents judiciaires liés au trafic de drogue et au vol avec violence, soulève des interrogations sur le respect des normes de fonctionnement d’une institution diplomatique.
Appel à une intervention ministérielle
Face à la gravité des accusations – allant de la mauvaise gestion financière aux recrutements clientélistes et aux pratiques jugées non professionnelles , plusieurs associations de la diaspora marocaine en Allemagne ont adressé un appel pressant au ministre des Affaires étrangères, M. Nasser Bourita. Elles demandent l’ouverture d’une enquête impartiale afin de protéger l’image de la diplomatie marocaine à l’étranger et de rétablir la confiance des citoyens dans leur représentation consulaire.