La mobilisation nationale marocaine : de la mémoire de la Marche Verte aux défis actuels

La rédaction

Dans l’histoire contemporaine du Maroc, la Marche Verte demeure l’incarnation la plus éloquente du principe de la mobilisation nationale sous l’égide de l’institution monarchique. Lorsque feu le roi Hassan II appela son peuple à s’unir autour de ses sacralités nationales pour libérer le Sahara du joug colonial espagnol et déjouer les plans de partition, la réponse fut immédiate , le peuple marocain, dans un élan spontané et massif, répondit présent. Cet événement fondateur ne fut pas seulement une victoire territoriale, mais aussi l’acte inaugural de ce que les sciences politiques marocaines ont appelé “le consensus national”. Les partis, souvent divisés dans leurs querelles internes, mirent leurs différends de côté pour s’aligner derrière l’objectif supérieur de l’intégrité territoriale.

Cette unité interne fut l’ossature sur laquelle s’érigea le Maroc post-1975, capable de résister aux tentatives d’embrasement régional et aux guerres d’usure imposées dans le Sahara. La vision stratégique d’Hassan II, prolongée par la politique des barrages, a permis d’assurer au Maroc une base de sécurité hydrique et alimentaire qui s’avère, aujourd’hui encore en 2025, une garantie vitale face aux turbulences mondiales.

Or, selon Bouchaib El Bazi, « la philosophie de la Marche Verte ne relève pas uniquement d’un moment héroïque du passé. Elle est devenue une grammaire politique permanente pour comprendre comment le Maroc articule son rapport à ses ennemis et à ses défis internes. Chaque fois que des forces adverses, qu’elles soient étatiques ou issues de laboratoires d’influence numérique, cherchent à fissurer l’édifice national, la réponse est toujours la même , la réactivation de l’immunité collective, fondée sur l’alliance organique entre le peuple et le trône. »

Aujourd’hui, face aux attaques hybrides qui oscillent entre désinformation numérique, instrumentalisation de rapports biaisés sur les droits de l’homme et tentatives de déstabilisation sociale par l’amplification artificielle de crises internes, le Maroc répond par une combinaison de résilience institutionnelle et de diplomatie stratégique. Les campagnes de désinformation qui visent jusqu’à la symbolique royale démontrent à quel point les agendas hostiles sont en panne d’imagination. Car, en s’attaquant au cœur de la légitimité marocaine – le lien sacré et séculaire entre le trône et le peuple – ces manœuvres ne font que renforcer l’adhésion des citoyens à leurs institutions.

Le roi Mohammed VI l’a rappelé avec force lors du 68ᵉ anniversaire de la Révolution du Roi et du Peuple : « La force de l’État réside dans ses institutions et dans l’unité de ses composantes nationales. » Ce rappel met en exergue une vérité intangible , la monarchie n’est pas un simple organe politique mais le pivot civilisationnel, garant de la continuité, de la stabilité et du développement durable.

Le Maroc, en s’appuyant sur son Nouveau Modèle de Développement, articule sa riposte non pas sur une logique défensive mais sur une projection vers l’avenir , inclusion sociale, renforcement du capital humain, accélération des réformes structurelles et ouverture maîtrisée sur le multilatéralisme économique.

Ainsi, conclut Bouchaib El Bazi, « le véritable enjeu n’est pas de répondre à chaque attaque ponctuelle, mais de maintenir la cadence d’une nation en marche, capable de transformer la menace en opportunité. Le Maroc est aujourd’hui un acteur qui maîtrise l’art du temps politique et diplomatique , il sait attendre, frapper juste et imposer un tempo qui déstabilise ses adversaires. »

À l’heure où le monde traverse des turbulences géopolitiques et économiques majeures, la cohésion de la front intérieure demeure la condition sine qua non pour poursuivre le chemin de la prospérité et consolider la souveraineté nationale.

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