Quand le MR menace la RTBF : un boycott ou une bénédiction nationale ?

Bouchaib El Bazi

Le Mouvement Réformateur (MR) et son président, Georges-Louis Bouchez, menacent de boycotter la RTBF en raison d’une « rupture de confiance persistante ». Une déclaration qui n’est pas passée inaperçue dans le paysage médiatico-politique belge, tant elle reflète la tension croissante entre certains responsables politiques et le service public audiovisuel.

Un bras de fer annoncé

Depuis plusieurs mois, le MR reproche à la RTBF un traitement jugé biaisé, voire hostile, à son égard. Georges-Louis Bouchez, connu pour ses sorties médiatiques musclées, a franchi une étape supplémentaire en évoquant ouvertement la possibilité d’un boycott. Pour un parti qui revendique sa présence médiatique, une telle décision ressemble à une escalade symbolique destinée à marquer les esprits.

Une polémique qui amuse l’opinion

Cependant, dans l’opinion publique, cette menace ne suscite pas uniquement de l’inquiétude. Au contraire, elle prête souvent à sourire. Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes ironisent sur l’idée qu’entendre moins Bouchez constituerait moins un manque qu’un soulagement collectif. L’un d’eux résume le sentiment ambiant : « Ce n’est pas un boycott, c’est une bénédiction nationale. »

Les enjeux sous-jacents

Derrière la satire, la question demeure sérieuse : quelles relations doivent entretenir les responsables politiques avec le service public ? La RTBF, financée par les citoyens, a le devoir d’offrir une pluralité de points de vue. Mais cette mission implique également d’accepter la critique politique. La menace de boycott, quant à elle, risque de fragiliser la confiance dans les institutions médiatiques déjà soumises à une forte pression.

Une stratégie risquée

En se plaçant dans une logique d’affrontement frontal avec la RTBF, le MR prend un risque calculé : galvaniser sa base électorale en se posant en victime d’un « système » médiatique supposé hostile. Mais ce choix pourrait aussi se retourner contre lui en accentuant son isolement. Car si l’adversité peut être un moteur de communication, l’absence d’antenne reste une pénalisation redoutable dans une société où la visibilité médiatique fait office d’oxygène politique.

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