Crise migratoire aux Baléares : un afflux inédit de migrants en provenance d’Algérie

Palma de Majorque – Les îles Baléares connaissent ces derniers jours une vague migratoire sans précédent. Plus d’une centaine de migrants, en majorité algériens, ont atteint l’archipel, marquant, selon le quotidien espagnol ABC, la plus importante arrivée de migrants de son histoire récente.

Des causes internes liées à l’Algérie

D’après la presse espagnole, cette intensification des flux migratoires ne saurait être perçue comme un phénomène isolé. Elle s’explique par une combinaison de facteurs internes et externes.
En Algérie, la crise économique, aggravée par une dépendance quasi totale aux exportations d’hydrocarbures, limite fortement la création d’emplois, plongeant de nombreux jeunes dans le chômage et le désespoir.
À cela s’ajoute un climat politique marqué par un manque de perspectives et de libertés, qui incite une partie de la jeunesse à tenter l’aventure périlleuse de la traversée, souvent qualifiée localement de harraga.

Les obstacles à la migration légale

Toujours selon ABC, les difficultés croissantes à obtenir un visa européen jouent également un rôle clé. Les procédures sont longues, coûteuses et restrictives, ce qui pousse de nombreux candidats à l’exil à opter pour les voies irrégulières malgré les risques élevés.

Redéfinition des routes migratoires

Sur le plan géopolitique, les récentes évolutions des itinéraires migratoires ont déplacé le centre de gravité des départs. La route de l’Atlantique vers les Canaries est devenue plus difficile en raison de la coopération accrue entre Madrid, Nouakchott et Dakar. En parallèle, la pression européenne et italienne sur les côtes libyennes a réduit les départs depuis ce pays. Conséquence , les réseaux de passeurs se tournent de plus en plus vers les côtes algériennes, jugées plus « perméables » à leurs activités.

Des tensions diplomatiques en toile de fond

À ces facteurs s’ajoute une dimension politique sensible. Les relations entre Madrid et Alger se sont nettement dégradées depuis que le gouvernement de Pedro Sánchez a modifié sa position sur le dossier du Sahara au profit du Maroc. Cette décision a entraîné un refroidissement marqué des liens bilatéraux.

Des sources sécuritaires espagnoles citées par ABC affirment que ce climat a eu un impact direct sur la coopération en matière de contrôle migratoire. Si la coopération policière reste « bonne » dans la lutte contre les réseaux criminels, Alger ne ferait plus de la limitation des départs une priorité, faute de motivation politique.

Une équation diplomatique complexe

Dans ce contexte, le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, prévoit de se rendre prochainement à Alger. Selon ABC, il devrait aborder le dossier migratoire, même si Madrid s’attend à des discussions ardues. La question du Sahara demeure en effet un obstacle majeur qui conditionne l’évolution des relations bilatérales.

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