Tokyo claque la porte au Polisario : une gifle diplomatique au-delà de la TICAD-9
Majdi Fatima Zahra
La participation des représentants du Polisario au neuvième Sommet international de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD-9) s’est transformée en un nouvel épisode d’isolement pour ce mouvement séparatiste. Les autorités japonaises ont en effet décidé de les expulser trois jours avant la date prévue de leur départ, après avoir déjà pris une série de mesures strictes , absence d’invitation officielle, refus d’accréditation, interdiction d’intervenir ou d’assister aux sessions, et surveillance sécuritaire rapprochée.
Une ligne japonaise sans équivoque
Dès l’ouverture, Tokyo avait fixé les règles du jeu. Le ministre des Affaires étrangères, Iwaya Takeshi, a réaffirmé sans détour , « Le Japon ne reconnaît pas la prétendue République sahraouie, n’entretient aucune relation avec elle, et sa présence sous l’égide de l’Union africaine ne saurait en aucun cas être interprétée comme une forme de reconnaissance. »
Le message était clair , la TICAD est un espace réservé aux États souverains, non aux entités fictives. Toute tentative du Polisario de transformer cette tribune en scène de propagande politique a été neutralisée, y compris l’annulation d’une conférence de presse prévue au Club de la presse de Tokyo.
Soutien africain au Maroc
Le Maroc n’était pas seul. Pas moins de 18 pays africains ont adressé une lettre officielle aux autorités japonaises pour dénoncer la présence du Polisario, rappelant que le forum est dédié au développement, non à la politisation. Une prise de position qui illustre l’élargissement du front africain favorable à l’intégrité territoriale du Royaume.
« Une gifle qui isole davantage Alger »
Pour le journaliste Bouchaib El Bazi, cet épisode dépasse le simple protocole :
« Ce qui s’est passé à Tokyo est un signal fort envoyé à Alger : la communauté internationale n’a plus de patience pour les manœuvres consistant à instrumentaliser des plateformes de coopération au profit d’une cause séparatiste sans base juridique. Le Japon, puissance économique et diplomatique de premier plan, vient de rappeler à l’Algérie que ses calculs sont désormais caducs. »
Et d’ajouter : « Plus l’Algérie persiste à utiliser le Polisario comme levier, plus elle s’expose à l’isolement. Dans un continent en quête d’investissements et de partenariats, personne n’a de temps à perdre avec une entité qui n’apporte aucune valeur ajoutée. »
Un enchaînement d’échecs
Ce revers n’est pas isolé. L’an dernier déjà, Pékin avait refusé d’inviter le Polisario au Forum de partenariat Chine-Afrique. Plus récemment, Londres a opposé une fin de non-recevoir à leur délégation conduite par leur soi-disant « ministre des Affaires étrangères », dont la rencontre avec le ministre britannique Hamish Falconer n’a débouché sur aucune évolution de position.
Ces déconvenues successives mettent en lumière la fragilité diplomatique du mouvement séparatiste, qui peine à convaincre au-delà du cercle restreint de ses parrains algériens.
La TICAD-9 restera dans les annales comme une démonstration éclatante de l’érosion continue des marges de manœuvre du Polisario sur la scène internationale. Pendant que le Maroc consolide pas à pas ses alliances et son projet d’autonomie comme solution réaliste et durable, le front séparatiste s’enlise dans l’isolement et révèle, comme le souligne Bouchaib El Bazi, sa véritable nature : « non pas une cause légitime, mais un instrument diplomatique usé entre les mains d’Alger. »