Budget miraculeux, divorce vert et meeting blindé : la politique belge en mode tragicomédie
Bouchaib El Bazi
Cette semaine, la vie politique belge a offert un spectacle digne d’une série à succès , un président du PS qui découvre 16 milliards comme on retrouve des pièces derrière un canapé, Écolo qui réussit l’exploit de divorcer avant même de se marier avec l’électorat, et un meeting du MR protégé comme si Georges-Louis Bouchez avait rendez-vous avec la CIA. Bref, un concentré de Belgique politique, version burlesque.
Paul Magnette, magicien budgétaire du royaume
À la Chambre, Paul Magnette a sorti sa calculette magique. En quelques secondes , littéralement , le président du PS déniche 16 milliards.
Comme ça. Sans même ouvrir un fichier Excel.
« Demandez une contribution aux grandes fortunes, 6 milliards. La fraude fiscale ? Hop, 3 milliards. Augmentez les salaires ? 4 milliards. »
On aurait presque cru qu’il allait ajouter , et si on regarde sous le tapis, il doit bien rester quelques millions.
Dans la foulée, Bart De Wever, jamais en reste lorsqu’il s’agit de remettre quelqu’un à sa place avec élégance, lui répond , « C’est dommage que vous n’ayez pas appliqué ces solutions quand vous étiez au pouvoir. »
Ambiance : Le Budget, saison 38, épisode “On se renvoie la facture”.
Écolo se sépare : vert de rage, vert de fatigue, vert d’incompréhension
Du côté d’Écolo, c’est l’instant “cérémonie des adieux”. Marie Lecocq et Samuel Cogolati, les coprésidents, ont décidé d’arrêter leur duo. Un peu comme un couple qui poste sur Instagram , « Nous restons amis et respectueux », juste avant de se bloquer mutuellement.
Les cinq chefs de groupe assureront l’intérim. Ce qui revient à confier la direction d’un avion à tout l’équipage de cabine en même temps , techniquement possible, mais on serre les dents.
Pendant ce temps, Bruxelles risque d’être en défaut de paiement. Bernard Clerfayt explique que « certains mois, il n’y aura pas assez de rentrées ».
On dirait presque l’état des finances d’Écolo après les élections.
Le MR à Saint-Gilles : plus de policiers que de partisans
Le MR a tenu une réunion à Saint-Gilles. Enfin, tenu… protégé. Surveillé. Encadré. À mi-chemin entre une opération antiterroriste et un tournage de film d’action low-cost.
Il fallait 150 policiers pour sécuriser l’entrée, pendant que 250 militants antifascistes manifestaient comme si Bouchez s’apprêtait à interdire les frites le dimanche.
Le bourgmestre a hésité à maintenir l’évènement. On imagine la scène :
— « Monsieur le bourgmestre, êtes-vous sûr ? »
— « Je ne sais pas… on a déjà annulé des concerts pour moins que ça. »
Le lendemain, le MR publie une vidéo sur les coulisses de la réunion. Ambiance dramatique, musique sombre, regards déterminés : Fast & Furious, version libérale.
Bouchez conclut , « Cela en dit beaucoup de l’époque, une époque qui se radicalise. »
Et il n’a pas tort. Quand il faut une compagnie entière de policiers pour écouter un discours politique, c’est qu’on n’est plus dans une démocratie apaisée. Mais dans une démocratie… légèrement épicée.
Bienvenue dans la Belgique politique
Une Belgique où :
- On règle le budget à coups de blagues,
- On dirige des partis comme on gère des couples qui se séparent,
- Et on organise des réunions politiques comme des missions commando.
La semaine prochaine ? On ne sait pas encore.
Mais rassurez-vous : la politique belge ne déçoit jamais.