À Bruxelles, se garer devient un sport de luxe — et les automobilistes les sponsors involontaires

Bouchaib El Bazi

À Bruxelles-ville, le stationnement n’est plus un service public , c’est un sport extrême. Et désormais, il faudra non seulement être agile au volant, mais aussi financièrement endurant. Car les nouveaux tarifs, appliqués depuis l’arrêté régional du 5 mai 2025, transforment chaque créneau de parking en mini-investissement. Bienvenue dans la capitale de l’Europe… et du parcmètre euphorique.

Le centre-ville, ce nouveau carré VIP

Officiellement, l’objectif est noble , décourager l’usage excessif de la voiture en centre-ville et harmoniser les prix avec les autres communes bruxelloises. Officieusement… on dirait surtout une opération commando pour renflouer les caisses. Car les tarifs flambent plus vite qu’une campagne de communication régionale.

Dans les zones rouges, là où la pression de stationnement est digne d’un Black Friday, deux heures coûtent désormais 9,20 € — contre 5 € auparavant. Une augmentation tellement “significative” que même les parcmètres ont dû reprendre leur souffle.

Dans les zones grises, celles que l’on croyait préservées… eh bien non. Le tarif horaire passe de 3 € à 5,60 €. Résultat : 4 heures pour 20,40 €, soit quasiment le prix d’un bon plat belge — sans les frites.

Quant aux zones vertes, elles aussi s’offrent un relooking tarifaire : 5,50 € pour deux heures, 10,90 € pour quatre. Green, peut-être ; bon marché, plus jamais.

Et parce qu’à Bruxelles, on ne fait pas les choses à moitié, même les amendes montent jusqu’à 47 €. De quoi donner à certains l’envie… de tout simplement ne plus sortir.

Le cri du cœur — et du portefeuille — des Bruxellois

Il y a d’abord ce médecin, excédé, qui résume en une phrase ce que tous les automobilistes pensent tout bas :

“22 € pour 4h30 de stationnement : se garer est devenu impayable à Bruxelles.”

Le diagnostic est clair , détresse budgétaire aiguë, risque élevé de crise nerveuse au parcmètre, prescription urgente de transports alternatifs (non remboursés).

Une enquête — certes non scientifique, mais extrêmement parlante, affirme que 94 % des répondants jugent les tarifs exagérés. Et comment leur donner tort quand certaines communes font payer jusqu’à 21h00 ? On aurait presque l’impression que l’automobiliste est devenu une ressource naturelle à exploiter. Après tout, le stationnement rapporte : 42 millions d’euros pour douze communes l’an dernier. Jackpot.

Bienvenue dans le labyrinthe administratif 2.0

Selon Touring, cette politique ressemble à un “outil fiscal déguisé” — déguisé, certes, mais pas tant que ça. Leur autre reproche ? Le chaos numérique. Car à Bruxelles, pour payer sans stress, il faut jongler entre une ribambelle d’applications ; un véritable escape game technologique.

Téléchargez, inscrivez-vous, validez, entrez votre plaque, vérifiez la zone, choisissez le bon tarif… et priez pour ne pas vous tromper de couleur.

Qui aura le courage de mettre de l’ordre dans tout ça ?

Certainement pas le conducteur, déjà trop occupé à essayer de trouver une place abordable.

La grande harmonisation… à 13 communes

Pour faire bonne figure, les autorités rappellent que 13 communes appliquent désormais les tarifs uniformisés de Parking.Brussels. L’harmonisation ? Oui. Mais à la hausse, jamais à la baisse. Un miracle de cohérence administrative.

Bruxelles, capitale du stationnement… lucratif

Pendant que les automobilistes comptent les pièces pour acheter quelques heures de tranquillité, les communes, elles, comptent les millions. On voulait décourager la voiture ?

On décourage surtout le portefeuille.

À ce rythme, bientôt, laisser son véhicule dans la rue coûtera plus cher que l’assurer. Mais rassurons-nous : l’harmonisation continue. La prochaine étape ? Sans doute un tarif “premium” avec ticket parfumé et playlist zen pour se remettre de l’addition.

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