Arizona, GLB et la réforme improbable : quand Bouchez rallume le brasier avant même d’arriver à Liège
Rime Medaghri
À Liège, on prépare l’arrivée de Georges-Louis Bouchez comme d’autres préparent une éclipse solaire , avec appréhension, beaucoup d’agitation, et une police déjà sur les dents. Deux mois seulement après une visite universitaire transformée en mini-émeute, voilà que le président du MR — devenu architecte en chef du gouvernement Arizona — remet le cap sur la Cité ardente pour présenter… la réforme de l’Enseignement.
Et comme toujours avec GLB, l’événement promet d’être plus inflammable que pédagogique.
GLB, l’étincelle ambulante du gouvernement Arizona
S’il fallait désigner une mascotte non officielle des remous politiques belges, ce serait bien lui. Charismatique pour certains, irritant pour la moitié du pays, GLB semble posséder un talent rare : dès qu’il entre dans une ville, le thermomètre politique grimpe de dix degrés.
À Liège, ce n’est plus un secret : son nom est devenu un déclencheur automatique de mobilisation citoyenne, syndicale, estudiantine… voire émotionnelle. Le simple fait d’annoncer son arrivée met la police en état de vigilance maximale. Certains disent même qu’un jour, on finira par créer une cellule GLB dans l’organigramme de la zone de police.
Mais ce retour intervient surtout dans un contexte où la coalition Arizona — dont Bouchez est l’un des moteurs visibles, bruyants et assumés — est accusée de souffler sur les braises. Entre réformes qui divisent, communication qui clive et annonces qui électrisent, beaucoup estiment que le gouvernement fabrique lui-même les conditions de l’affrontement.
Quand Liège respire mal, l’Arizona tousse
Pour comprendre l’anxiété liégeoise, il suffit de remonter au printemps , la venue du président du MR à l’Université avait tourné à la foire d’empoigne. Cris, bousculades, slogans… On aurait pu croire à une manifestation contre une multinationale pétrolière, mais non : il s’agissait simplement d’une conférence sur l’Éducation.
Depuis, chaque déplacement lié à l’Arizona est perçu comme un test de tension.
Et qui mieux que GLB pour jouer le rôle du catalyseur ?
Après tout, l’homme parvient à déclencher un débat national en 280 caractères et à provoquer une crise de nerfs collective en déclarant « Je ne vois pas le problème ». Une forme de talent politique, diraient certains.
La réforme de l’Enseignement : noble objectif, pyromane en chef
Officiellement, Bouchez vient présenter la grande réforme de l’Enseignement.
Officieusement, tout le monde sait que ce rendez-vous est devenu un épisode de la série Arizona contre le Monde. La réforme elle-même, contestée avant d’être comprise, arrive avec un paquet de critiques sur le financement, la gouvernance, l’orientation des programmes et la place des communautés dans la structure.
Dans ce climat, envoyer GLB comme ambassadeur revient à envoyer un boute-en-train dans une salle où tout le monde est de mauvaise humeur.
Ambiance garantie.
D’autant plus que, pour ses opposants, Bouchez n’est plus seulement un leader parti-pris , il est devenu le symbole de l’arrogance attribuée à la coalition Arizona, accusée d’avancer au bulldozer, au nom d’une modernisation que beaucoup perçoivent comme brutale. Le président du MR n’est pas seulement attendu. Il est attendu au tournant.
Une police sur le qui-vive : le dispositif anti-émeutes dans sa version “GLB”
Le Palais des Congrès se prépare à accueillir la présentation… mais aussi tout le reste :
le comité d’accueil, les banderoles, les manifestants, les casseroles, les sifflets, et peut-être un ou deux philosophes improvisés.
La police anticipe un nouveau scénario de débordements.
Parce qu’à Liège, un meeting de Bouchez n’est jamais seulement un meeting , c’est une simulation grandeur nature de « crise démocratique en terrain urbain », une sorte d’exercice collectif qui n’a rien de théorique.
Et dire que l’objectif initial était simplement de parler d’école.
Arizona, GLB et l’effet boule de neige
On reproche aujourd’hui à la coalition Arizona d’être devenue l’incubateur national des crispations.
Et à GLB, sa figure la plus tonitruante, d’alimenter chaque étincelle par une phrase, un tweet, une posture.
Les opposants l’accusent :
– d’être l’homme-orchestre du conflit permanent,
– de transformer chaque débat en bras de fer,
– et de propulser le gouvernement dans une guerre culturelle qu’il aurait lui-même déclenchée.
Est-ce exagéré ? Peut-être.
Mais une chose est sûre : l’Arizona sans Georges-Louis Bouchez, c’est un peu un barbecue sans charbon : techniquement possible, mais beaucoup moins spectaculaire.
Liège, épisode 2 – Le Retour du Libéral Qui Agace
Ce mercredi, dans un Palais des Congrès sous haute surveillance, la Belgique aura une nouvelle démonstration de la politique selon Bouchez : directe, provoquante, assumée, explosive.
Les Liégeois, eux, auront droit à un spectacle gratuit. Le gouvernement Arizona, à une nouvelle polémique. Et l’Enseignement… à quelques minutes d’attention dans un chaos organisé. On appelle ça la communication moderne.
Ou peut-être tout simplement : l’effet GLB.