L’événement sportif accueilli par le Maroc n’a pas été, pour une partie de la présence algérienne – supporters, joueurs et certains représentants des médias – un moment de compétition loyale ou de célébration des valeurs du sport. Il s’est transformé en un spectacle de désordre révélateur d’une crise plus profonde, qui dépasse largement le cadre du football et interroge le rapport au civisme, à l’éthique sportive et à la responsabilité médiatique.
Des supporters en quête d’affrontement, non de soutien
Dès les premières heures suivant l’arrivée de certains supporters algériens, des comportements étrangers à toute culture du fair-play ont été observés : altercations provoquées, violations répétées des règles d’organisation, mépris affiché des consignes en vigueur dans et autour des stades, et volonté manifeste de transformer l’espace sportif en zone de tension permanente.
Il ne s’agissait pas d’une simple présence enthousiaste, mais d’une irruption chaotique, chargée de frustrations et d’une prédisposition évidente à l’affrontement, comme si l’objectif n’était pas d’assister à un match, mais de régler des comptes symboliques avec un pays, son public et une réalité que certains refusent d’accepter.
Très tôt, une hostilité globale s’est imposée : envers l’organisation, les règles, les autres supporters, et même envers l’idée que le football puisse se vivre sans violence ni provocation.
Pas de chants structurés, pas de ferveur sportive, pas d’esprit de compétition saine… seulement du vacarme, des insultes, et une recherche obsessionnelle de l’incident.
Un public sans discipline… et sans limites
Les scènes de dégradation des installations, de jets d’ordures, de comportements indignes dans les sanitaires, et l’imposition du principe du « tout est permis » dans un espace pourtant strictement encadré, n’étaient ni isolées ni accidentelles. Elles se sont répétées au point de révéler une rupture totale avec les règles élémentaires de respect et de civisme.
Pour ces supporters, le stade ne semblait pas être une institution sportive régie par des normes claires, mais un territoire sans loi, dépourvu de toute considération pour autrui.
Au lieu de s’inscrire dans une ambiance compétitive et festive, la provocation est devenue un substitut au soutien sportif.
Plus inquiétant encore, certaines attitudes ont frôlé le mépris assumé des infrastructures publiques, dans des scènes choquantes impossibles à justifier par la passion ou la pression émotionnelle. Elles traduisent un vide de responsabilité et une absence flagrante de conscience collective.
Des tribunes aux marchés anarchiques
Malgré l’interdiction formelle de toute activité commerciale informelle dans et autour des enceintes sportives, certains supporters ont persisté à transformer l’événement en foire improvisée, défiant ouvertement l’organisation, l’image du pays hôte et celle de l’équipe nationale qu’ils prétendaient soutenir.

Ce phénomène, loin d’être marginal, s’est répété de manière significative, soulevant de sérieuses interrogations sur la culture du respect de la loi et sur la capacité d’adaptation à des espaces réglementés hors de son propre environnement.
Des joueurs en rupture avec l’esprit sportif
Sur le terrain, les insuffisances n’étaient pas uniquement techniques. Des comportements incompatibles avec l’éthique de la compétition ont été observés chez certains joueurs algériens : contestations excessives, tensions artificiellement créées, attitudes puériles, allant jusqu’à des tentatives d’appropriation abusive du matériel de jeu, révélant une incapacité à accepter le déroulement normal de la rencontre.
Le sport repose avant tout sur des valeurs. Ce qui s’est produit sur la pelouse a mis en lumière une incompréhension profonde de ce principe fondamental.
Une presse à la recherche de l’offense plutôt que de l’information
Le volet le plus préoccupant ne se situait peut-être ni dans les tribunes ni sur le terrain, mais derrière les caméras et dans certaines colonnes médiatiques.
Une partie de la presse algérienne présente semblait obsédée par la recherche du moindre détail susceptible d’être instrumentalisé contre le Maroc, quitte à recourir à l’exagération, au mensonge ou à la fabrication pure et simple de récits sans fondement.
Une prestation journalistique faible sur le plan professionnel, compensée par une activité intense de diffusion de discours victimaires et de mythes autour de l’organisation et de l’accueil, en contradiction flagrante avec les témoignages d’autres délégations et avec les images factuelles.
Plutôt que de relater les faits, certains journalistes ont choisi d’endosser le rôle de militants politiques, au mépris des règles élémentaires du métier : vérification, équilibre et responsabilité.
Une crise bien plus large qu’un simple match
Ce qui s’est produit ne peut être réduit à une rencontre ou à un tournoi. Il s’agit d’une crise de culture sportive et médiatique, où le soutien devient agitation, la compétition se mue en hostilité, et le journalisme en outil de propagande.
Le Maroc, fort d’une expérience organisationnelle reconnue à l’échelle internationale, a dû faire face à une épreuve supplémentaire : accueillir une partie de participants incapables de se conformer à l’esprit d’un espace censé rassembler plutôt que servir d’exutoire aux frustrations.
Car le sport est le reflet des sociétés. Et l’image renvoyée par cette présence algérienne, malheureusement, est celle d’un malaise profond, appelant à une remise en question sérieuse, avant que les stades ne deviennent des théâtres permanents de désordre, au lieu de demeurer des lieux de partage et de compétition noble.