Sahara marocain : la carte des droits de l’homme, dernier levier d’une diplomatie séparatiste en perte de vitesse

Bouchaib El Bazi

 L’exercice par le Maroc de son droit souverain de protéger son intégrité territoriale, notamment à travers le refus d’accès à son territoire à certaines figures ouvertement hostiles à son unité nationale, a mis en lumière une stratégie récurrente du Front Polisario et de certains de ses relais à l’étranger, en particulier en Espagne : le recours à la rhétorique des droits de l’homme comme substitut à une diplomatie en net recul.

Pour plusieurs observateurs du dossier du Sahara marocain, cette orientation ne relève ni du hasard ni d’une préoccupation sincère pour les valeurs universelles, mais s’inscrit dans une tentative assumée de discréditer le Maroc en tant qu’acteur crédible du règlement politique, à un moment où la solution d’autonomie sous souveraineté marocaine s’impose progressivement comme le cadre de référence au sein de la communauté internationale, conformément à la résolution 2797 du Conseil de sécurité adoptée fin octobre dernier.

Mustapha Salma Ould Sidi Mouloud, ancien cadre militaire du Polisario, estime que le conflit du Sahara a connu ces dernières années un basculement stratégique en faveur du Maroc, tant sur le plan diplomatique que sur le terrain. Selon lui, « face à l’érosion de ses marges de manœuvre, le Polisario n’a trouvé d’autre alternative que de déplacer le débat hors du processus politique onusien, en tentant de présenter le Maroc comme un État incapable de mettre en œuvre une solution démocratique telle que l’autonomie ».

Il souligne que l’intensification du discours sur les droits de l’homme est intervenue immédiatement après l’adoption de la résolution 2797, laquelle appelle explicitement à une reprise des négociations sur la base de l’initiative marocaine d’autonomie. « Pour éviter d’apparaître comme un facteur de blocage du processus de paix, le Polisario cherche à créer un narratif parallèle visant à décrédibiliser la souveraineté marocaine », explique-t-il.

De son côté, Ramadan Massoud, président de l’Association sahraouie de défense des droits de l’homme à Madrid, considère que les cercles militants et partisans espagnols favorables au Polisario demeurent largement marginaux et sans réelle influence sur les orientations stratégiques de l’État espagnol. « Ces voix sont de plus en plus contestées au sein même de la société espagnole, car elles défendent des causes qui ne correspondent ni aux priorités nationales ni aux préoccupations réelles des citoyens », affirme-t-il.

Selon Massoud, la majorité des formations politiques espagnoles qui instrumentalisent la question du Sahara sont en perte de crédibilité, minées par des divisions internes et un affaiblissement électoral marqué, ce qui les pousse à exploiter ce dossier à des fins de visibilité politique plutôt que par conviction idéologique.

Les analystes s’accordent à dire que l’invocation sélective des droits de l’homme vise avant tout à compenser les revers diplomatiques successifs du Polisario, confronté à une diminution significative de ses soutiens internationaux et à l’absence de toute percée politique tangible.

À l’inverse, le Maroc consolide progressivement ses acquis sur le dossier du Sahara, porté par une reconnaissance internationale croissante de son initiative d’autonomie comme solution réaliste, créd

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.