CAN 2025 au Maroc : une édition historique entre records, bouleversements et consécration sénégalaise

Kenitra– La Coupe d’Afrique des Nations organisée au Maroc restera comme l’une des éditions les plus denses et les plus spectaculaires de l’histoire récente du football africain. Riche en chiffres inédits, en trajectoires inattendues et en rebondissements sportifs, la CAN 2025 s’est conclue par le sacre du Sénégal, vainqueur du Maroc en finale grâce à un but décisif de Pape Gueye inscrit durant les prolongations.

Dans un stade de Rabat électrique, marqué par une tension palpable et une fin de match chaotique, les « Lions de la Teranga » ont ainsi récupéré le trophée continental quatre ans après leur premier sacre, confirmant leur statut de référence du football africain moderne. Fait marquant : ce but fut le tout premier inscrit par le Sénégal dans l’histoire de ses quatre finales de CAN.

Un festival offensif sans précédent

Sur le plan statistique, l’édition marocaine a battu un record majeur avec 121 buts inscrits, soit deux de plus que lors de la CAN 2023 en Côte d’Ivoire. Ce chiffre illustre l’évolution du jeu africain vers davantage d’intensité offensive et une approche tactique plus ouverte.

Individuellement, le Marocain Brahim Díaz s’est distingué en remportant le Soulier d’or avec cinq réalisations. Malgré ce titre personnel, le joueur du Real Madrid a vécu une fin de tournoi cruelle, son penalty manqué en finale ayant privé le Maroc d’un premier sacre continental depuis cinquante ans.

Les grandes nations à l’épreuve

La CAN 2025 n’a épargné aucun géant du continent. L’Égypte, recordman de titres, a de nouveau buté sur le Sénégal en demi-finale, concédant sa troisième défaite consécutive face aux Teranga Lions en compétition officielle. Ce revers a relancé le débat interne sur les choix techniques et la dépendance aux joueurs évoluant en Europe.

L’Algérie, de retour en phase à élimination directe pour la première fois depuis 2019, s’est arrêtée en quarts de finale après une défaite nette face au Nigeria, malgré un parcours encourageant et les bonnes prestations de son gardien Luca Zidane.

De son côté, le Nigeria s’est affirmé comme la meilleure attaque du tournoi avec 14 buts, porté par Victor Osimhen et Ademola Lookman, ce dernier ayant offert la médaille de bronze aux Super Eagles face à l’Égypte.

Révélations et nouveaux visages

Cette CAN a également été celle des révélations. Le Camerounais Christian Kofane, 19 ans, a impressionné par son sang-froid et son efficacité, tandis que l’Ivoirien Amad Diallo a brillé individuellement, malgré l’élimination prématurée des Éléphants.

Par ailleurs, la compétition a vu plusieurs sélections écrire des pages inédites de leur histoire. La Tanzanie a atteint pour la première fois les phases à élimination directe, tandis que le Bénin et le Mozambique ont décroché leurs premières victoires en CAN, signe d’un resserrement progressif du niveau continental.

Discipline, arbitrage et controverses

L’édition marocaine n’a pas été exempte de polémiques. Le manque de discipline de certaines équipes, à l’image du Mali qui a terminé trois matches consécutifs à dix, ainsi que les décisions arbitrales et disciplinaires de la CAF, dont la suspension du président de la Fédération camerounaise Samuel Eto’o, ont alimenté les débats tout au long du tournoi.

Le Maroc, entre réussite organisationnelle et frustration sportive

Sur le plan organisationnel, le Maroc a largement réussi son pari, offrant des infrastructures modernes et une logistique saluée par les observateurs. Sportivement, en revanche, la défaite en finale a laissé un goût amer : il s’agissait de la première défaite officielle des Lions de l’Atlas à domicile depuis 17 ans.

En définitive, la CAN 2025 au Maroc aura consacré une Afrique du football plus compétitive, plus imprévisible et résolument tournée vers l’avenir, où la hiérarchie traditionnelle est désormais soumise à l’exigence de la performance et du détail.

 

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