À défaut de gagner des trophées, certains gagnent au moins une certitude : celle de transformer l’amertume en éditorial. L’article accusant le Maroc d’avoir « terni son image » à l’occasion de la CAN 2025 relève moins de l’analyse que du règlement de comptes idéologique, où l’émotion remplace les faits et où la frustration sert de ligne éditoriale.
Une organisation unanimement saluée… sauf par ses détracteurs habituels
Commençons par l’essentiel : l’organisation de la CAN 2025 par le Maroc a été saluée par la CAF, les fédérations participantes, les médias internationaux et les supporters africains. Stades modernes, réseaux de transport fluides, sécurité maîtrisée, logistique hôtelière irréprochable, connectivité numérique, accueil des délégations : tous les standards internationaux ont été respectés, souvent dépassés.
Le Maroc n’a pas improvisé. Il a capitalisé sur :
- une expérience éprouvée (CHAN, Coupe du Monde des clubs, CAN féminine, événements FIFA),
- des infrastructures conformes aux normes FIFA,
- une vision stratégique qui s’inscrit dans la continuité de la co-organisation du Mondial 2030.
Opposer à cela une prétendue « désillusion d’image » relève de la fiction. Le monde du sport ne fonctionne pas sur les fantasmes politiques, mais sur des audits, des rapports et des faits mesurables.
L’argument de l’arbitrage : l’excuse universelle des mauvais perdants
Accuser le Maroc d’avoir été « favorisé par les arbitres » est un refrain bien connu, souvent entonné lorsque les résultats ne correspondent pas aux espérances.
Or :
- aucun rapport officiel de la CAF n’a conclu à une manipulation arbitrale,
- aucune instance internationale n’a ouvert d’enquête,
- les décisions arbitrales ont été débattues, comme dans toute grande compétition, y compris dans des matchs où le Maroc a été désavantagé.
Faut-il rappeler une évidence que certains feignent d’ignorer ?
Un pays organisateur n’a aucun contrôle sur l’arbitrage, qui relève de commissions indépendantes.
Le Maroc a perdu la finale sur le terrain, sans contestation officielle, ce qui démontre précisément le contraire de la thèse complotiste avancée.
Fouzi Lekjaa, la CAF et le fantasme de la “manigance”
L’obsession autour de Fouzi Lekjaa révèle moins une analyse qu’une fixation. Être influent dans les instances africaines n’est ni un crime ni une anomalie : c’est le résultat d’un travail diplomatique, d’une crédibilité sportive et d’investissements constants dans le football africain.
À ce compte-là, faudrait-il reprocher au Cameroun, à l’Égypte ou au Sénégal d’avoir, eux aussi, des dirigeants influents lorsqu’ils occupent des postes clés ?
La vérité est plus simple et plus dérangeante pour certains :
Le dossier marocain était techniquement supérieur à celui de l’Algérie, tant en infrastructures existantes qu’en garanties financières, sécuritaires et logistiques.
Algérie : le grand angle mort de l’article
Ce qui frappe surtout dans ce texte, c’est ce qu’il évite soigneusement : parler de l’Algérie.
Car enfin, posons la question sans détour :
- Où sont les stades algériens homologués FIFA en nombre suffisant ?
- Où sont les réseaux de transport capables d’absorber des dizaines de milliers de supporters internationaux ?
- Où est l’expérience récente d’organisation d’événements sportifs continentaux réussis ?
- Où est la stabilité institutionnelle permettant de garantir une CAN sans improvisation ni crispation sécuritaire ?
La réponse est connue. L’Algérie peine déjà à organiser des compétitions régionales sans polémique, retards ou huis clos. La comparaison avec le Maroc n’est pas cruelle : elle est factuelle.
Mélanger sport, Pegasus, Bruxelles et migrants : une stratégie de diversion
L’amalgame final entre football, affaires judiciaires internationales, diplomatie européenne et gestion migratoire relève d’une technique bien connue : noyer le sujet principal sous une avalanche d’accusations hétéroclites.
Or :
- aucune décision de justice définitive n’a condamné l’État marocain dans les affaires citées,
- le Maroc reste un partenaire stratégique de l’Union européenne, des États-Unis et de nombreuses puissances africaines,
- il continue d’accueillir événements, sommets et compétitions internationales.
Si le Maroc était réellement ce “royaume pourri” décrit avec emphase shakespearienne, il ne serait ni candidat crédible au Mondial 2030, ni partenaire central des grandes instances sportives mondiales.
La vraie CAN 2025 : celle que l’Afrique a vue
La CAN 2025 restera comme :
- une compétition bien organisée,
- des infrastructures africaines portées à un niveau mondial,
- une vitrine du football africain moderne.
Que le Maroc n’ait pas remporté le trophée n’enlève rien à une réalité simple : il a gagné sur le terrain de l’organisation, de la crédibilité et de la confiance internationale.
Le reste n’est que littérature militante, écrite moins pour informer que pour se consoler.