Accident à Ixelles : quand certains policiers conduisent encore comme dans GTA

Bouchaib El Bazi

L’image est désormais tristement familière : gyrophares allumés, sirène en cascade, et une voiture de police qui traverse la ville comme si Bruxelles était une map géante de GTA. Jeudi en fin d’après-midi, cette scène a tourné au drame à Ixelles. Deux enfants  deux jeunes piétonnes de 7 et 14 ans  ont été percutées par un véhicule de police.

L’affaire, confirmée vendredi par le parquet de Bruxelles, soulève une fois de plus une question dérangeante , jusqu’où certains policiers vont-ils continuer à jouer aux cow-boys sur la voie publique ?

Un choc en plein cœur du quartier

« Le 27 novembre vers 17h45, un accident impliquant un véhicule de police et deux piétonnes s’est produit à Ixelles », indique la porte-parole du parquet, Laura Demullier.

Les enfants ont été immédiatement transportées à l’hôpital :

  • la plus jeune, 7 ans, grièvement blessée mais hors de danger ;
  • la plus âgée, 14 ans, légèrement touchée.

Des vies bousculées en quelques secondes, sur un trottoir qui aurait dû être synonyme de sécurité pas d’une rencontre brutale avec un véhicule censé protéger les citoyens.

Le réflexe institutionnel : l’expert, l’enquête, puis la longue attente

Un expert en circulation a été nommé pour analyser les circonstances. Le Comité P, ce “gendarme des gendarmes”, a été saisi.

Comme toujours dans ce type de dossier, le processus administratif est impeccable :

protocoles activés, enquêtes ouvertes, communiqués calibrés.

Mais la question centrale — celle du comportement routier de certains policiers — reste soigneusement évitée.

Des patrouilles à la conduite trop “musclée”

Car au-delà de ce cas précis, les habitants de Bruxelles le disent depuis longtemps , certaines voitures de police roulent comme si elles étaient invincibles, drapées dans une impression d’urgence permanente.

Dépassements nerveux, coups d’accélérateur dans des rues étroites, virages serrés comme au cinéma… et parfois, comme jeudi, la collision de trop.

Le phénomène n’est pas massif, mais il est visible. Quelques agents semblent confondre la protection du public avec la performance d’un cascadeur. Le tout dans un contexte où la défiance envers les forces de l’ordre ne cesse de grandir.

Le résultat ?

Des citoyens traumatisés, des enfants blessés, et une police qui se retrouve une nouvelle fois sur le banc des accusés.

Des missions floues, un silence gênant

Le parquet ne donne pour l’instant aucune précision sur la mission du véhicule au moment de l’accident.

Tant que la lumière ne sera pas faite, l’impression de cow-boys en uniforme, filant à vive allure sans toujours mesurer l’impact de leurs manœuvres, continuera de s’imposer dans l’opinion.

Une enquête, certes… mais surtout une remise en question nécessaire

Les enquêtes diront si la responsabilité du policier est engagée ou non. Elles diront si la vitesse était adaptée, si les gyrophares étaient activés, si la manœuvre était justifiée.

Mais elles ne diront pas tout.

Elles ne diront pas pourquoi, dans l’imaginaire public, les voitures de police bruxelloises semblent parfois s’inspirer davantage de GTA V que du Code de la route.

Elles ne diront pas non plus comment empêcher que le prochain enfant ne devienne un dommage collatéral de cette conduite trop nerveuse.

Un service essentiel comme la police mérite mieux que des comportements hasardeux.

Et deux enfants d’Ixelles méritaient mieux qu’une voiture-lancier traversant leur chemin.

 

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