Quand le football devient un prétexte : déconstruction d’un réquisitoire idéologique contre le Maroc
Quand le football devient un prétexte : déconstruction d’un réquisitoire idéologique contre le Maroc
Parler du Maroc à travers le prisme du football comme « mirage politique » peut sembler audacieux. Encore faut-il que l’analyse repose sur une cohérence intellectuelle, une crédibilité de l’auteur et une honnêteté méthodologique. Or, le texte intitulé « Maroc : le football comme mirage politique » relève moins de l’analyse politique que d’un règlement de comptes personnel habillé d’un vocabulaire militant standardisé.
Avant même d’entrer dans le fond, une question préalable s’impose : qui parle, et avec quelle légitimité ?
Lorsqu’un auteur, d’origine marocaine, fait l’objet de poursuites judiciaires documentées dans son pays d’origine pour des faits de droit commun liés à l’escroquerie et à l’abus de confiance — faits qui relèvent du judiciaire et non de l’opinion —, il est difficile d’ignorer le conflit d’intérêts manifeste. Transformer un contentieux pénal personnel en plaidoyer politique est une méthode bien connue, mais intellectuellement discutable.
Un texte sans voix, sans style, sans signature intellectuelle
Le texte publié intrigue également par son absence de style personnel. Syntaxe mécanique, enchaînement de lieux communs, formules interchangeables, structure répétitive : tout concourt à donner l’impression d’un texte produit, compilé ou assisté, davantage que pensé.
Il ne s’agit pas ici de débattre de l’usage des outils numériques, mais de souligner une évidence journalistique : un auteur crédible assume sa plume, son ton, sa singularité. Or, rien dans cet article ne permet d’identifier une voix, une expérience, une expertise réelle du terrain marocain.
Le football comme faux coupable
Sur le fond, l’argument central — le football comme outil de diversion politique — relève d’une simplification excessive. Tous les États, sans exception, utilisent le sport comme levier de rayonnement, de cohésion sociale et de diplomatie douce. Le Maroc ne fait pas exception, pas plus que la France, le Qatar, le Brésil ou l’Allemagne.
Présenter les performances sportives marocaines comme une « mise en scène » destinée à masquer une prétendue réalité carcérale relève d’un raisonnement biaisé :
- Les prisons existent dans tous les États, démocratiques ou non.
- Elles accueillent des criminels, des délinquants, mais aussi des personnes bénéficiant de droits reconnus, de mécanismes de contrôle et de recours.
- Le Maroc, qu’on le veuille ou non, est régulièrement cité par des partenaires internationaux pour les avancées tangibles en matière de réforme judiciaire, de droits procéduraux et de gouvernance sécuritaire.
La critique est légitime. La caricature ne l’est pas.
Des slogans à la place des faits
L’article aligne des formules graves — « prisons pleines », « voix étouffées », « peur installée » — sans données, sans contextualisation, sans comparaison internationale. Or, le journalisme d’opinion n’autorise pas l’approximation.
Aucune société n’est exempte de tensions, de dysfonctionnements ou de débats sur les libertés publiques. Mais réduire un pays de plus de 37 millions d’habitants à un tableau monochrome relève d’une posture idéologique, pas d’une analyse sérieuse.
Quand l’attaque politique sert de paravent judiciaire
Il est surtout frappant de constater que ce type de discours surgit souvent lorsque la voie judiciaire est fermée. Incapable de régler un dossier pénal sur le terrain du droit, certains choisissent celui de la victimisation politique, espérant déplacer le débat, internationaliser leur cas et exercer une pression médiatique sur les institutions.
Ce procédé ne sert ni la liberté d’expression, ni la crédibilité du combat démocratique. Il l’affaiblit.
Le Maroc n’a pas besoin de procès d’intention
Le Maroc n’est ni un paradis ni une dystopie. C’est un État en transformation, avec ses réussites, ses contradictions, ses réformes et ses lenteurs.
Le football n’y est ni un opium, ni un alibi : il est un facteur parmi d’autres de fierté nationale, d’investissement économique et de projection internationale.
Plutôt que d’attaquer son pays à coups de textes creux, ceux qui prétendent l’aimer feraient mieux de contribuer à son débat public avec honnêteté, responsabilité et courage, loin des arrière-pensées judiciaires.
La critique est un droit. La manipulation du discours politique pour masquer des dossiers personnels ne l’est pas. Le Maroc peut être critiqué.
Mais il mérite mieux que des pamphlets sans âme, sans rigueur et sans auteur véritable.