MR bruxellois : un passage de relais stratégique au nom de l’éthique politique et de la lisibilité institutionnelle
Rime Mdagheri
La vie politique bruxelloise connaît un tournant symbolique au sein du Mouvement Réformateur. Clémentine Barzin a en effet décidé de renoncer à sa fonction de cheffe du groupe MR au Parlement bruxellois, afin d’éviter toute polémique ou soupçon susceptible d’affecter l’action du groupe, dans le contexte de la désignation de Boris Dilliès comme Ministre-Président de la Région de Bruxelles-Capitale.
Cette décision, saluée unanimement au sein du parti, s’inscrit dans une logique de responsabilité politique et de préservation de la crédibilité institutionnelle du MR, qui signe son retour au pouvoir à Bruxelles après plus de deux décennies d’opposition. Le président du MR a tenu à souligner que rien, sur le fond, ne justifiait le départ de Clémentine Barzin de ses fonctions, tant la qualité de son travail parlementaire est reconnue. Il a toutefois salué un geste d’abnégation rare, motivé par le souci de ne pas exposer le parti à des critiques, dans un contexte politique particulièrement scruté.
Dans une déclaration empreinte de clarté et de sens collectif, Clémentine Barzin a rappelé que le MR bruxellois, désormais de retour aux responsabilités gouvernementales, porte une mission majeure : contribuer activement à la réussite de Bruxelles. Elle a assumé le fait que, malgré des parcours politiques indépendants et de longue date, le croisement actuel de trajectoires avec le nouveau ministre-président pouvait susciter des interrogations légitimes. Son choix, posé librement et avec l’appui de son parti, vise ainsi à garantir la lisibilité de l’action politique et à renforcer la cohésion de l’équipe libérale.
Ce passage de relais ouvre une nouvelle séquence pour le groupe MR au Parlement bruxellois. La fonction de cheffe de groupe est désormais confiée à Loubna Azghoud, dont le profil illustre une volonté affirmée de conjuguer expertise, expérience et ancrage bruxellois. Diplômée de la Solvay Brussels School, elle cumule plus de vingt années d’expérience en management et en politiques publiques. Son parcours l’a conduite au sein de cabinets ministériels aux niveaux fédéral, communautaire et régional, ainsi qu’à des responsabilités stratégiques dans des structures clés de l’écosystème bruxellois.
Ancienne présidente de IRISnet, Loubna Azghoud a également occupé des fonctions de management chez hub.brussels et s’est fortement investie dans le tissu entrepreneurial, notamment au sein de BeCentral. Autant d’atouts qui renforcent la crédibilité du MR dans sa volonté de lier action parlementaire, réformes économiques et modernisation de la gouvernance régionale.
Dans sa première prise de parole en tant que cheffe de groupe, Loubna Azghoud a évoqué un engagement placé sous le signe de l’honneur et de l’humilité, consciente du caractère historique du moment pour le MR. Après vingt-deux ans d’opposition, le parti libéral revient aux affaires avec la présidence du gouvernement bruxellois. Elle a affirmé sa détermination à mobiliser toute son énergie pour soutenir le gouvernement régional, les ministres et les députés, afin de concrétiser les réformes inscrites dans la Déclaration de politique régionale et de garantir le respect des marqueurs libéraux.
Au-delà des personnes, cette transition illustre une conception exigeante de la responsabilité politique, où l’éthique, la transparence et l’intérêt collectif priment sur les considérations individuelles. Dans un paysage institutionnel bruxellois souvent fragmenté, le MR cherche ainsi à envoyer un signal fort : celui d’un parti conscient de ses responsabilités historiques et soucieux d’incarner une gouvernance lisible, stable et tournée vers l’avenir.