Le calvaire des détenus marocains en Somalie se poursuit malgré leur acquittement
Bouchaib El Bazi
Bruxelles – La situation de plusieurs ressortissants marocains détenus dans la région du Puntland, en Somalie, continue de susciter une vive inquiétude, alors même qu’ils ont été innocentés des accusations liées au terrorisme depuis plus de deux ans. Un dossier sensible qui relance les interrogations sur leur sort humain et juridique, tandis que leurs familles réclament une intervention urgente des autorités marocaines pour assurer leur rapatriement.
Selon les informations communiquées par leurs proches lors d’une conférence de presse, six Marocains demeurent toujours bloqués dans des conditions jugées préoccupantes. Ils auraient été attirés vers la Somalie sous prétexte d’opportunités professionnelles correspondant à leurs métiers, avant de se retrouver pris dans un engrenage sécuritaire et judiciaire particulièrement complexe.
Les familles affirment avoir reçu récemment des nouvelles faisant état d’une grève de la faim entamée par les détenus pour protester contre la poursuite de leur maintien en détention malgré leur acquittement. Une évolution qui renforce l’angoisse des proches quant à leur état de santé physique et psychologique.
Des familles suspendues à l’attente
Au cours de cette rencontre avec la presse, plusieurs parents ont livré des témoignages marqués par la douleur et l’impuissance. Tous insistent sur le fait que leurs fils avaient quitté le Maroc dans l’unique espoir de trouver du travail, sans aucune implication idéologique ou politique.
Un père a expliqué que son fils s’était rendu seul en Somalie et ne connaissait aucun autre Marocain sur place. La mère d’un autre détenu a indiqué que son fils exerçait dans le domaine de l’électricité et avait accepté une offre d’emploi qui s’est transformée en véritable cauchemar.
Pour les familles, le maintien en détention de leurs proches malgré leur innocence reconnue dépasse désormais le cadre judiciaire pour devenir une urgence humanitaire.
Appel à une mobilisation de l’État
Des militants des droits humains et plusieurs observateurs estiment que cette affaire porte les marques d’une erreur d’appréciation et de procédure. Ils considèrent que l’État marocain a aujourd’hui la responsabilité morale et institutionnelle d’agir pour obtenir le retour de ses ressortissants.
Selon plusieurs intervenants, le Comité international de la Croix-Rouge aurait déjà accompli certaines démarches liées à leur situation humanitaire. Toutefois, l’absence d’avancée diplomatique concrète empêcherait encore tout dénouement rapide.
De nombreux obstacles administratifs
Le processus de rapatriement se heurte à plusieurs difficultés, notamment l’absence de documents de voyage valides, l’inexistence d’une représentation diplomatique marocaine directe dans la région, ainsi que la complexité des échanges avec les autorités locales du Puntland.
Des observateurs estiment néanmoins que ces contraintes, bien que réelles, ne sauraient justifier l’enlisement prolongé du dossier, d’autant plus qu’il s’agit de citoyens officiellement blanchis par la justice.
Une attente qui n’en finit pas
Au fil des mois, l’inquiétude des familles ne cesse de grandir. Entre lenteurs administratives et silence institutionnel, elles continuent d’espérer une issue favorable qui mettrait fin à des années de souffrance.
La question demeure entière : combien de temps encore ces citoyens marocains resteront-ils loin de leur pays, malgré leur acquittement ?