Salah Abdeslam : plusieurs proches placés en garde à vue dans le cadre d’une enquête antiterroriste
Bouchaib El Bazi
Bruxelles – De nouveaux développements judiciaires concernent l’entourage de Salah Abdeslam, unique survivant des commandos responsables des attentats du 13 novembre 2015. Plusieurs de ses proches ont été placés en garde à vue samedi, sur décision d’un juge antiterroriste, selon une source judiciaire confirmant des informations relayées par Europe 1.
Condamné à la réclusion criminelle à perpétuité incompressible pour son rôle dans les attaques qui ont frappé Paris et Saint-Denis, Salah Abdeslam est actuellement détenu au centre pénitentiaire de Vendin-le-Vieil, dans le Pas-de-Calais, où il purge sa peine sous un régime de sécurité renforcé.
Une interpellation liée à une visite au parloir
D’après les premiers éléments disponibles, les personnes concernées auraient été interpellées alors qu’elles se rendaient à l’établissement pénitentiaire pour lui rendre visite. Les autorités judiciaires n’ont toutefois pas souhaité confirmer officiellement ce point, invoquant le secret de l’instruction et la sensibilité du dossier en cours.
Ces placements en garde à vue s’inscrivent dans un contexte de vigilance extrême autour du détenu, considéré depuis plusieurs années comme un profil particulièrement sensible au regard de son parcours, de son influence potentielle et des réseaux auxquels il a appartenu.
Le précédent de la clé USB
L’affaire intervient quelques mois après un autre épisode judiciaire impliquant Salah Abdeslam. En novembre 2025, ce dernier avait déjà été entendu dans le cadre d’une enquête ouverte après la découverte d’une clé USB contenant, selon le Parquet national antiterroriste (PNAT), des documents liés à la propagande officielle de groupes djihadistes, notamment l’organisation État islamique et Al-Qaïda.
Selon les investigations, ce support numérique lui aurait été remis lors d’un parloir par son ancienne compagne, Maëva B. Cette dernière a depuis été mise en examen à deux reprises et incarcérée. Elle est également soupçonnée d’être impliquée dans un projet d’attentat déjoué, sans lien direct établi avec Salah Abdeslam.
Sécurité renforcée en détention
À la suite de cette affaire, la direction du centre pénitentiaire de Vendin-le-Vieil avait durci les conditions de visite imposées au détenu. Un système de séparation avec hygiaphone avait notamment été instauré afin de limiter tout échange direct avec les visiteurs et prévenir l’introduction d’objets prohibés.
Cependant, début avril, le tribunal administratif de Lille a ordonné un assouplissement partiel de ces modalités de parloir. La juridiction a en revanche maintenu la mesure d’isolement dont il fait toujours l’objet, estimant que les impératifs de sécurité demeuraient justifiés.
Une surveillance constante
Dix ans après les attentats du 13 novembre, le dossier Abdeslam reste au cœur de l’attention des services judiciaires et pénitentiaires. Chaque contact extérieur, chaque visite et chaque élément transmis au détenu font l’objet d’un examen minutieux.
Les gardes à vue décidées ce week-end rappellent que, malgré sa condamnation définitive, Salah Abdeslam demeure un détenu sous surveillance permanente, dans un environnement où la menace de radicalisation et les risques de relais idéologiques continuent de mobiliser les autorités françaises.