Bruxelles : les commerces de la rue Neuve se barricadent face à la crainte de nouveaux pillages

Bouchaib El Bazi

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Après les incidents du 17 octobre, plusieurs enseignes du principal axe commercial de Bruxelles ont renforcé leurs dispositifs de protection. Vitrines condamnées par des panneaux de bois, rideaux métalliques et agents de sécurité témoignent d’un climat de vigilance inhabituel.

La rue Neuve, l’une des artères commerçantes les plus fréquentées de Bruxelles, présente depuis quelques jours un visage inhabituel. Devant plusieurs enseignes, des panneaux de bois ont remplacé les vitrines, tandis que des agents de sécurité surveillent les entrées et que certains rideaux métalliques restent partiellement abaissés. Ces mesures interviennent après les tentatives de pillage survenues le 17 octobre dernier, dans un contexte marqué par des appels à des rassemblements diffusés sur les réseaux sociaux.

Chez JD Sports, Nike, New Yorker, Foot Korner ou encore Yves Rocher, les dispositifs de protection sont désormais particulièrement visibles. Au moins cinq magasins ont été barricadés, signe de la préoccupation des commerçants face au risque de nouveaux débordements.

Des enseignes entre prudence et volonté de rassurer

Les réactions varient d’un commerce à l’autre. Certaines enseignes ont privilégié la fermeture préventive de leurs vitrines, tandis que d’autres maintiennent leur activité sous surveillance renforcée. Chez H&M, Zara, Mango, Guess, Lacoste, Jules ou Celio, des agents de sécurité sont également présents en nombre.

Yves Rocher a toutefois choisi d’accompagner ses mesures de protection d’un message destiné à rassurer sa clientèle. Sur la façade recouverte de panneaux, l’enseigne invite les clients à pousser les portes de son magasin, affirmant que son équipe reste disponible pour les accueillir et les conseiller.

Cette communication illustre la difficulté rencontrée par les commerçants : protéger leurs établissements sans donner le sentiment que le quartier est devenu inaccessible ou dangereux pour les clients.

Les appels sur les réseaux sociaux dans le viseur

La police patrouille dans le secteur à pied, en voiture et à vélo. Selon les informations rapportées sur place, les autorités surveillent notamment les appels à des rassemblements qui circulent sur les réseaux sociaux et les plateformes de messagerie.

Les incidents du samedi 17 octobre ont laissé des traces dans plusieurs commerces. JD Sports et Nike figurent parmi les enseignes touchées. Chez JD Sports, la façade a été barricadée après les dégradations, tandis que le magasin Nike avait lui aussi été pris pour cible.

Pour certains commerçants, le risque ne se limite pas aux dégâts matériels. Les incidents peuvent également entraîner une baisse de fréquentation, perturber l’activité et fragiliser le sentiment de sécurité des employés, des clients et des riverains.

Des protections parfois appelées à durer

Dans plusieurs magasins, les panneaux de bois pourraient rester en place jusqu’à la fin des vacances scolaires, le temps d’évaluer l’évolution de la situation. Cette précaution traduit les incertitudes qui entourent les prochains jours, alors que les commerçants redoutent de nouveaux incidents.

Tous ne partagent cependant pas le même degré d’inquiétude. Certains estiment que les risques ont été exagérés, tandis que d’autres considèrent que les événements récents justifient pleinement les mesures adoptées. Pour les responsables de magasins, l’enjeu consiste à trouver un équilibre entre prévention et continuité commerciale.

La présence de dispositifs de sécurité ne signifie pas nécessairement que de nouvelles violences sont imminentes. Elle révèle néanmoins la volonté des enseignes de ne pas être prises au dépourvu si la situation venait à se dégrader.

La sécurité, un enjeu pour l’attractivité commerciale

À quelques pas de la rue Neuve, du côté de la place Rogier, les préoccupations sont également perceptibles. Andrea, responsable d’un supermarché asiatique Oriental Express, explique avoir renforcé la surveillance de son établissement après un départ de feu devant sa vitrine. Des caméras ont notamment été installées afin de mieux contrôler les abords du commerce.

L’incident soulève une question essentielle pour les professionnels du quartier : celle de la capacité à prévenir les actes de vandalisme et à identifier leurs auteurs. La vidéosurveillance peut contribuer à documenter les faits, mais elle ne remplace ni la prévention ni une intervention rapide en cas d’incident.

Au-delà des dégâts matériels, les conséquences de ces épisodes se mesurent aussi à l’inquiétude des commerçants et à l’image renvoyée aux visiteurs. La rue Neuve constitue un pôle commercial majeur de la capitale belge, dont l’attractivité repose largement sur la fréquentation et le sentiment de sécurité.

Le retour à une activité normale dépendra donc autant de l’évolution de la situation sur le terrain que de la capacité des autorités à prévenir de nouveaux débordements. Pour les commerçants, l’objectif reste le même : protéger leurs équipes et leurs biens tout en maintenant leurs portes ouvertes à une clientèle qui ne doit pas être dissuadée de fréquenter le centre de Bruxelles.

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