Violences conjugales : un « pack nouveau départ » pour mieux protéger les victimes

Rime Medaghri

BRUXELLES — Le gouvernement bruxellois s’est accordé sur un ensemble de 36 mesures destinées aux femmes victimes de violences conjugales, réunies sous le nom de « pack nouveau départ ». L’objectif affiché est de renforcer leur protection et de leur permettre de reconstruire leur vie dans des conditions plus sûres, après avoir quitté un conjoint ou un partenaire violent.

Parmi les mesures annoncées figure la possibilité, pour certaines victimes, de retrouver une nouvelle identité administrative confidentielle, afin de réduire le risque d’être localisées par leur ancien partenaire. Le dispositif doit notamment s’inscrire dans un accompagnement plus global des femmes accueillies dans les structures d’hébergement spécialisées.

Le gouvernement prévoit également de consacrer 120 000 euros à un appel à projets destiné à améliorer les dispositifs d’accompagnement. Les initiatives pourront notamment concerner les centres d’hébergement, les commissariats et les services intervenant auprès des victimes de violences intrafamiliales.

Autre volet du plan : la création d’un numéro de téléphone unique, qui devra être largement diffusé afin de faciliter l’accès à l’information et aux services d’aide. Le gouvernement entend ainsi rendre les dispositifs existants plus lisibles pour les personnes confrontées à des situations de violence au sein du couple ou de la famille.

Le « nouveau départ » doit également répondre à des difficultés très concrètes auxquelles sont confrontées les victimes lorsqu’elles quittent leur domicile. Une enveloppe supplémentaire d’environ un demi-million d’euros est annoncée pour renforcer le soutien aux personnes victimes de violences intrafamiliales, femmes comme hommes.

L’accompagnement pourra notamment porter sur les démarches administratives liées au départ : résiliation ou transfert des contrats d’énergie, déplacements nécessaires auprès des différents services et autres formalités indispensables à une réinstallation.

À Bruxelles, plusieurs associations et services publics proposent déjà un accompagnement aux victimes. Avec ces nouvelles mesures, l’exécutif régional entend surtout mieux articuler ces dispositifs et réduire les obstacles auxquels se heurtent les personnes qui cherchent à sortir durablement d’une relation violente.

Au-delà de la prise en charge immédiate, le gouvernement veut ainsi faire du départ du domicile conjugal non pas une rupture précaire, mais le point de départ d’un processus de reconstruction, associant protection, accompagnement administratif et autonomie.

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