Le trafic de drogue gagne la périphérie bruxelloise : des riverains tirent la sonnette d’alarme

Maria Zaki

BRUXELLES — Longtemps perçu comme un phénomène principalement urbain, le trafic de stupéfiants semble également s’étendre à certaines communes de la périphérie bruxelloise. À Leeuw-Saint-Pierre, plusieurs habitants disent observer une évolution préoccupante de la situation et redoutent une banalisation progressive de la consommation et des activités liées à la drogue.

Francis, 57 ans, fait partie de ces riverains qui affirment avoir constaté des changements dans leur quartier. Selon lui, les signes liés au trafic seraient aujourd’hui plus visibles qu’auparavant. « Avant, ça se faisait ouvertement », témoigne-t-il, estimant que le phénomène pourrait prendre davantage d’ampleur si aucune réponse n’est apportée rapidement.

Pour cet habitant, le problème ne se limite toutefois pas au commerce de stupéfiants. Il évoque également les conséquences qui peuvent en découler dans l’espace public : consommation, dégradation de certains lieux et accumulation de déchets à des endroits fréquentés du quartier.

Cette évolution nourrit chez certains habitants le sentiment que leur environnement quotidien se transforme. Les déplacements dans certains secteurs seraient devenus moins agréables, voire source d’appréhension, notamment pour les personnes qui souhaitent conserver leurs habitudes et circuler librement dans leur commune.

« Il ne faut pas attendre que la situation se dégrade davantage », insiste Francis. À ses yeux, une intervention tardive risquerait de rendre la réponse des autorités plus complexe et plus contraignante.

La situation ne serait toutefois pas encore considérée comme comparable à celle de certains quartiers bruxellois particulièrement touchés par le trafic de stupéfiants. Mais pour les riverains qui témoignent, les premiers signaux doivent être pris au sérieux avant que les réseaux ne s’installent durablement.

La question dépasse ainsi celle de la seule présence de dealers. Elle renvoie plus largement à la capacité des communes de la périphérie à prévenir l’implantation de réseaux, à maintenir la tranquillité publique et à éviter que certains espaces ne deviennent progressivement des points de rencontre pour la consommation ou la vente de drogues.

Face à ces inquiétudes, les habitants attendent surtout une présence visible des services compétents et une réponse préventive. Pour eux, l’enjeu est précisément d’agir avant que les difficultés constatées aujourd’hui ne deviennent une réalité durable du quartier.

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