Retour à la mosquée pour l’imam controversé : expulsé de Belgique puis revenu, Mohamed Toujgani est attendu pour un prêche à Jette

La Capitale

Expulsé en 2021 puis revenu en Belgique l’année passée, l’imam Mohamed Toujgani prêchera ce vendredi à la mosquée Averroès, à Jette.

Malgré les polémiques, son passé judiciaire et les appels politiques à l’empêcher de reprendre la parole, l’imam controversé Mohamed Toujgani doit assurer le prêche ce vendredi à la mosquée Averroès, à Jette.

Lundi, la mosquée Averroès de Jette publiait un message sur sa page Facebook annonçant la venue de l’imam Mohamed Toujgani pour le prêche du vendredi 1er mai. Une annonce loin d’être anodine, tant le prédicateur reste une figure clivante du paysage religieux bruxellois.

Soupçons d’espionnage pour le Maroc

Expulsé en octobre 2021 pour raisons de sécurité nationale, Mohamed Toujgani avait été contraint de quitter le territoire sur décision du secrétaire d’État à l’Asile et à la Migration de l’époque, Sammy Mahdi (CD&V). Les services de la Sûreté de l’État le considéraient alors comme une menace grave, évoquant des soupçons de radicalisme ainsi qu’un possible espionnage au profit du Maroc.

L’affaire avait été relancée par la rediffusion d’une vidéo datant de 2009, dans laquelle il appelait à « brûler les sionistes ». Des propos jugés inacceptables, qui ont largement contribué à sa mise à l’écart. Installé en Belgique depuis près de 40 ans, cet imam marocain était une figure bien connue à Molenbeek, où il officiait à la mosquée Al Khalil. Il était perçu par certains fidèles comme une référence spirituelle, tandis que d’autres dénonçaient un discours problématique.

Son retour à Bruxelles en juin 2025 avait déjà fait grand bruit. Entre-temps, la justice a rebattu les cartes : la cour d’appel de Bruxelles a validé sa demande de nationalité belge. Une décision qui s’inscrit notamment dans le sillage d’un rapport du Comité R, organe de contrôle des services de renseignement, lequel estimait en 2023 que les analyses ayant conduit à son expulsion étaient « disproportionnées ». Un élément qui a, semble-t-il, pesé dans la balance.

« Qu’il ne puisse plus émettre de prêches »

Sur le plan politique, la perspective de le voir reprendre le prêche avait suscité de vives réactions. Le président du MR, Georges-Louis Bouchez, avait ainsi exprimé sa volonté d’empêcher Mohamed Toujgani de retrouver une tribune. « On va travailler pour faire en sorte qu’il ne puisse plus émettre de prêches. Et je crois que les autorités auront une surveillance spécifique à son sujet. On doit l’empêcher de pouvoir avoir une tribune en la matière », déclarait-il en juin 2025.

Mission manifestement échouée : l’imam sera bien présent ce vendredi à la mosquée Averroès de Jette

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