Réforme du chômage : Molenbeek redoute une lourde facture pour les CPAS

Bouchaib El Bazi

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La commune estime que la réforme fédérale pourrait lui coûter 16,3 millions d’euros entre 2027 et 2029 et appelle les pouvoirs locaux à une mobilisation commune.

La réforme fédérale du chômage suscite de vives inquiétudes à Molenbeek-Saint-Jean. Selon les projections établies par les autorités communales, les exclusions du bénéfice des allocations pourraient entraîner une charge supplémentaire de 16,3 millions d’euros pour le CPAS de Molenbeek entre 2027 et 2029.

Face à cette perspective, la commune appelle les pouvoirs locaux bruxellois, flamands et wallons à unir leurs forces afin d’anticiper les conséquences sociales et budgétaires de la réforme. Pour la bourgmestre Catherine Moureaux (PS), Molenbeek entend ainsi jouer un rôle de « lanceur d’alerte » auprès des autres communes et des différents niveaux de pouvoir.

Un transfert de charge vers l’aide sociale

L’un des principaux points d’inquiétude réside dans l’écart entre les prévisions fédérales et les premiers chiffres observés sur le terrain. À Molenbeek, les autorités communales estiment que 48 % des personnes exclues du chômage se tournent ensuite vers le CPAS, alors que les projections retenues au niveau fédéral tablaient sur environ 30 %.

Cette différence n’est pas sans conséquence pour les finances locales. Lorsqu’une personne perd son droit aux allocations de chômage et sollicite l’aide sociale, une partie de la charge financière se déplace vers les CPAS, dont le financement repose notamment sur les communes.

À Molenbeek, environ 45 millions d’euros de ressources communales sont actuellement consacrés au fonctionnement du CPAS. Une augmentation significative du nombre de bénéficiaires pourrait dès lors accentuer une pression budgétaire déjà importante.

1 740 dossiers directement liés aux exclusions

Les chiffres communiqués par la commune donnent une première mesure de l’ampleur du phénomène. Au 31 août, le CPAS de Molenbeek comptabilisait 1 740 dossiers directement liés aux exclusions du chômage.

Pour les autorités communales, ces données soulèvent une question qui dépasse largement le seul cas de Molenbeek : celle de la capacité des pouvoirs locaux à absorber les conséquences financières d’une réforme décidée au niveau fédéral.

Le débat porte ainsi autant sur l’efficacité de la réforme que sur la répartition des responsabilités entre les différents niveaux de pouvoir. Les communes redoutent notamment de devoir prendre en charge, avec des moyens locaux limités, une partie croissante des conséquences sociales de décisions prises à l’échelle fédérale.

À Molenbeek, le message est donc clair : sans mécanisme de financement adapté, la réforme du chômage risque de transformer les CPAS en principal amortisseur social, au risque de fragiliser davantage les finances communales.

La commune souhaite désormais élargir la mobilisation à l’ensemble des pouvoirs locaux afin d’obtenir une réponse coordonnée et de faire du financement des CPAS l’un des enjeux centraux de la mise en œuvre de la réforme.

 

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