Fouad Belkacem demande l’asile en Belgique malgré une condamnation pour terrorisme

Bouchaib El Bazi

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Condamné à quinze ans de prison pour son rôle à la tête de Sharia4Belgium, Fouad Belkacem, déchu de la nationalité belge, a introduit une demande d’asile en Belgique. Sa requête doit désormais être examinée par les autorités compétentes, tandis que la ministre de l’Asile et de la Migration, Anneleen Van Bossuyt, annonce vouloir s’opposer à son maintien sur le territoire.

Fouad Belkacem, ancien dirigeant de l’organisation jihadiste Sharia4Belgium, a introduit une demande d’asile en Belgique, selon des informations rapportées par la VRT. L’intéressé purge actuellement une peine de quinze ans de prison et devrait, en principe, être libéré en 2027.

Créé en 2010 et dissous deux ans plus tard, Sharia4Belgium s’était fait connaître par son opposition ouverte à la démocratie et par ses appels à l’instauration d’un État islamique en Belgique. Fouad Belkacem avait été condamné notamment pour avoir endoctriné plusieurs jeunes et facilité le départ de certains d’entre eux vers la Syrie.

Une demande qui doit être examinée

Déchu de la nationalité belge, Fouad Belkacem conserve la nationalité marocaine. À sa sortie de prison, il pourrait donc faire l’objet d’une mesure d’éloignement vers le Maroc.

Sa demande d’asile sera toutefois examinée selon la procédure légale par le Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides (CGRA), qui devra se prononcer de manière indépendante sur les éléments invoqués à l’appui de sa requête.

Selon les informations rapportées par les médias flamands, Belkacem serait marié à une ressortissante belge et père de deux enfants vivant en Belgique. Il aurait également bénéficié, durant sa détention, de plusieurs autorisations de sortie temporaire. Son comportement en prison est décrit comme exemplaire par des sources citées dans la presse.

La ministre annonce vouloir agir

La ministre de l’Asile et de la Migration, Anneleen Van Bossuyt (N-VA), a réagi fermement à l’annonce de cette demande. « J’emploierai tous les moyens possibles pour expulser cet homme du territoire », a-t-elle déclaré, selon la VRT.

La ministre affirme également que la demande d’asile aurait été introduite dans le but d’empêcher un éventuel retour vers le Maroc. Cette interprétation relève toutefois de l’appréciation du gouvernement et ne préjuge pas de la décision qui sera prise par les instances chargées de l’examen de la demande.

« La Belgique est un État de droit, et sa demande d’asile sera d’abord examinée de manière indépendante par le Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides », a également déclaré Anneleen Van Bossuyt, tout en affirmant suivre personnellement le dossier.

Le gouvernement entend par ailleurs renforcer les mécanismes destinés à lutter contre ce qu’il considère comme des abus de procédures d’asile introduites depuis les établissements pénitentiaires ou les centres fermés.

Une procédure désormais au centre des enjeux

L’affaire place ainsi les autorités belges face à une double exigence : appliquer les règles de la procédure d’asile tout en tenant compte du passé judiciaire particulièrement lourd de l’intéressé.

La décision appartient désormais aux instances compétentes en matière d’asile. Si la demande devait être rejetée et qu’aucun autre obstacle juridique ne s’y opposait, la question de son éloignement vers le Maroc pourrait alors être examinée à la lumière de son statut administratif et de sa nationalité.

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