Anvers : 2,4 tonnes de cocaïne saisies, le narcotrafic toujours au cœur du défi sécuritaire belge
Bouchaib El Bazi
La saisie de près de 2,4 tonnes de cocaïne dans le port d’Anvers vient rappeler l’ampleur des flux de stupéfiants qui transitent par la Belgique. Face à ce phénomène, la lutte contre le narcotrafic demeure également un enjeu majeur du débat sécuritaire à Bruxelles.
Les douanes belges ont intercepté 2.390 kilos de cocaïne jeudi dans le port d’Anvers, a annoncé le Service public fédéral Finances. La drogue était dissimulée dans un conteneur transportant une cargaison de bananes en provenance d’Amérique du Sud.
Il s’agit de la troisième saisie importante réalisée dans le port cette semaine, la cargaison découverte au quai 1742 étant de loin la plus importante. Les deux précédentes interceptions avaient été effectuées au quai 1730.
La cocaïne saisie doit être détruite. Une enquête judiciaire a été ouverte afin notamment d’établir avec précision l’origine de la cargaison et d’identifier son destinataire.
Cette nouvelle interception illustre le rôle central du port d’Anvers dans la lutte contre le trafic international de stupéfiants. Les chiffres communiqués par les autorités belges montrent que la pression exercée sur les réseaux criminels reste considérable : en 2025, les douanes avaient saisi près de 55 tonnes de cocaïne dans le port d’Anvers-Bruges.
Un phénomène qui dépasse largement les frontières du port
Derrière les cargaisons interceptées se trouvent des réseaux internationaux capables d’organiser l’acheminement, le stockage et la distribution de stupéfiants sur plusieurs territoires européens.
La problématique ne se limite donc pas aux infrastructures portuaires. Elle concerne également les villes dans lesquelles les réseaux criminels cherchent à écouler leurs marchandises et où les trafics peuvent alimenter d’autres formes de criminalité et de violence.
À Bruxelles, les autorités ont multiplié les opérations de contrôle visant les secteurs identifiés comme particulièrement exposés au trafic de drogue et aux violences qui l’accompagnent. Une opération intégrée menée le 28 août avait ainsi permis de contrôler environ 1.100 personnes, 270 véhicules et 18 commerces, dans le cadre de la lutte contre le trafic de drogue et la violence qui lui est associée.
Ahmed Laaouej face à la question sécuritaire
Dans ce contexte, Ahmed Laaouej, ministre bruxellois et figure du PS bruxellois, défend publiquement une politique de sécurité combinant lutte contre la criminalité, prévention, justice et politiques sociales. Sur son site officiel, il affirme notamment vouloir une politique de « zéro tolérance » à l’égard de la criminalité et des incivilités.
Cette approche traduit une réalité devenue difficile à contourner : la lutte contre les trafics ne repose pas uniquement sur les saisies douanières. Elle implique également la police, la justice, les collectivités locales et les politiques de prévention.
Une bataille de longue haleine
La saisie réalisée à Anvers constitue une victoire opérationnelle pour les services douaniers, mais elle ne signifie évidemment pas la disparition du réseau auquel appartenait la cargaison.
Au contraire, chaque interception rappelle l’existence de flux criminels capables de renouveler leurs méthodes, leurs itinéraires et leurs intermédiaires.
La destruction des 2.390 kilos de cocaïne constitue donc l’aboutissement immédiat d’une opération douanière, mais l’enquête devra désormais déterminer qui a organisé l’importation, qui devait réceptionner la marchandise et quelles ramifications européennes se trouvent derrière cette cargaison.
Entre Anvers, Bruxelles et les autres grandes villes du pays, la lutte contre le narcotrafic apparaît ainsi comme une bataille de longue haleine, dans laquelle les saisies spectaculaires ne constituent qu’un volet d’une stratégie plus large associant renseignement, douane, police, justice et prévention.