Le prix du diesel franchit les 2,50 euros en Belgique, le PS réclame des mesures d’urgence

Bouchaib El Bazi

Bruxelles — La hausse du prix des carburants ravive les tensions politiques en Belgique. Alors que le prix officiel du diesel B7 doit atteindre 2,501 euros le litre à partir du 22 septembre 2026, le Parti socialiste (PS) demande au gouvernement fédéral de prendre des mesures immédiates pour limiter l’impact de cette envolée sur les ménages et les travailleurs. 

Cette nouvelle progression intervient après plusieurs augmentations enregistrées en septembre. Le tarif officiel du diesel B7 était fixé à 2,407 euros le litre le 15 septembre, avant de passer à 2,468 euros le 16 septembre, soit une hausse de 6,1 centimes. Le nouveau tarif prévu pour le 22 septembre représente une augmentation supplémentaire de 3,3 centimes.

Le PS demande une intervention fédérale

Face à cette évolution, le Parti socialiste réclame une intervention rapide des autorités fédérales. Son secrétaire général, Hillal Sor, estime que la progression du prix du diesel constitue une pression croissante sur le budget des ménages, particulièrement pour les personnes qui dépendent de leur véhicule pour se rendre au travail.

Le PS demande notamment la suppression de l’augmentation des taxes sur les carburants qu’il attribue aux mesures entrées en vigueur depuis août, ainsi que la mise en place d’aides temporaires destinées aux ménages les plus exposés.

La formation socialiste plaide également pour une intervention sur les bénéfices supplémentaires réalisés par certaines entreprises du secteur énergétique, évoquant la possibilité de récupérer une partie de ces « superprofits ».

La voiture, une nécessité pour de nombreux travailleurs

Pour les socialistes, la question dépasse désormais le simple coût du plein de carburant. Dans de nombreuses zones périurbaines et rurales, ainsi que pour certains travailleurs soumis à des horaires décalés, l’automobile demeure un moyen de transport difficilement substituable.

À près de 2,50 euros le litre, le coût cumulé des déplacements domicile-travail peut représenter plusieurs centaines d’euros supplémentaires sur une année, voire davantage pour les personnes parcourant quotidiennement de longues distances.

Cette situation alimente les inquiétudes concernant le pouvoir d’achat, alors que les dépenses liées au logement, à l’énergie et à l’alimentation pèsent déjà sur les budgets familiaux.

Une hausse désormais confirmée par les tarifs officiels

La hausse n’est pas uniquement politique ou prospective : elle apparaît dans les données officielles. Le SPF Économie indique qu’à compter du 22 septembre, le prix maximum du diesel B7 sera fixé à 2,501 euros par litre TVA comprise. Le diesel B10 atteindra pour sa part 2,493 euros le litre. 

La composition du prix à la pompe comprend notamment le coût du produit, les marges et frais de distribution, les cotisations spécifiques, les accises et la TVA. En Belgique, la TVA appliquée aux carburants est de 21 %. 

La pression sociale pourrait s’intensifier

Le débat sur le prix des carburants intervient également dans un contexte de mobilisation syndicale. Les organisations représentatives des travailleurs suivent de près l’évolution du coût de la mobilité, alors que l’augmentation des dépenses liées aux déplacements peut directement affecter le revenu disponible.

Pour le PS, le gouvernement fédéral doit donc agir rapidement afin d’éviter que la hausse des carburants ne se transforme en nouvelle source de précarisation pour les ménages dépendants de leur véhicule.

Au-delà de la polémique sur la fiscalité énergétique, l’évolution du prix du diesel pose ainsi une question plus large : celle de la capacité des pouvoirs publics à amortir les chocs énergétiques tout en préservant les finances publiques et en accompagnant la transition vers des modes de transport moins dépendants des énergies fossiles.

 
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