Dossier I-Police : deux porte-parole inculpés pour violation du secret professionnel

Rime Medaghri

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Le porte-parole de la ministre de la Justice Annelies Verlinden et la porte-parole néerlandophone du parquet de Bruxelles sont soupçonnés d’avoir échangé des informations confidentielles liées à l’enquête sur l’échec du programme informatique I-Police. L’affaire intervient alors que ce projet, lancé pour moderniser les outils numériques des services de police, fait l’objet d’un important contentieux financier.

Le dossier I-Police connaît un nouveau développement judiciaire. Selon Le Soir et De Standaard, le porte-parole de la ministre de la Justice, Annelies Verlinden (CD&V), a été inculpé pour violation du secret professionnel. La porte-parole néerlandophone du ministère public bruxellois est également inculpée dans le cadre de la même affaire.

Les deux collaborateurs sont soupçonnés d’avoir cherché à obtenir ou à transmettre des informations couvertes par le secret professionnel ou par le secret de l’instruction, notamment au sujet de l’enquête judiciaire portant sur les dysfonctionnements du programme I-Police. À ce stade, les éléments rapportés ne permettent pas de conclure à une culpabilité des personnes concernées.

Un projet informatique aux conséquences financières lourdes

Lancé dans le but de moderniser les systèmes informatiques de la police locale et fédérale, I-Police devait constituer un vaste chantier de transformation numérique. Le projet, initialement doté d’un budget de 299 millions d’euros, a toutefois été interrompu en décembre dernier, après une évaluation du ministre de l’Intérieur Bernard Quintin (MR).

Selon cette évaluation, plus de 75 millions d’euros avaient été dépensés sans résultats à la hauteur des objectifs annoncés. Le marché public avait été attribué en 2021, sous la responsabilité d’Annelies Verlinden, alors ministre de l’Intérieur, à la société française Sopra Steria.

L’échec du programme a depuis ouvert un front judiciaire et financier entre la police fédérale et le prestataire. La première réclame à l’entreprise 244 millions d’euros, montant comprenant les dommages et intérêts, selon les informations rapportées.

Des questions sur la circulation des informations judiciaires

L’inculpation de deux porte-parole soulève désormais des interrogations sur les conditions dans lesquelles des informations relatives à une enquête sensible auraient pu circuler entre des collaborateurs institutionnels. Le respect du secret professionnel et du secret de l’instruction constitue un enjeu central dans ce dossier, alors que les investigations portent sur un programme public ayant mobilisé des sommes considérables.

Interrogée par les médias, Annelies Verlinden a déclaré ne disposer d’aucun élément indiquant que son collaborateur aurait manqué à ses obligations professionnelles ou dépassé les limites légales de sa fonction.

Le parquet de Bruxelles, sollicité à son tour, n’a pas souhaité commenter l’affaire, selon Le Soir.

Les investigations devront établir la nature des échanges présumés, les informations éventuellement concernées et les responsabilités individuelles. En attendant d’éventuelles conclusions judiciaires, les inculpations rapportées ne préjugent pas de l’issue de la procédure.

 

 

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