Asse : une jeune femme accuse un contrôleur de De Lijn de violences physiques et d’agression sexuelle

Rime Medaghri

Salma, 22 ans, affirme avoir été frappée et agressée sexuellement lors d’un contrôle de titre de transport le 22 octobre. Une vidéo filmée par des témoins montre une partie de l’altercation. Son avocate réclame une enquête approfondie, tandis que la société flamande de transport indique prendre l’affaire très au sérieux.

Un contrôle de titre de transport sur une ligne de bus de De Lijn a donné lieu à une violente altercation, le jeudi 22 octobre 2026, à Asse, dans le Brabant flamand. Salma, une jeune femme de 22 ans, accuse un contrôleur de l’avoir frappée et d’avoir commis des gestes à caractère sexuel alors qu’elle se trouvait au sol. Elle dénonce également une tentative de viol. Des accusations graves qui devront être examinées par la justice.

L’affaire a pris une nouvelle dimension après la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo tournée par deux témoins. Les images, qui ne couvrent qu’une partie de la scène, montrent notamment un contrôleur maintenir la jeune femme au sol au moyen d’une prise d’étranglement. Elles ne permettent toutefois pas, à elles seules, d’établir l’ensemble des faits rapportés par la plaignante.

Un contrôle qui dégénère

Selon le récit de Salma, les faits se sont produits vers 19 h 30, alors qu’elle rentrait de son travail. Elle avait emprunté un bus de De Lijn au départ de la gare du Nord, à Bruxelles, en direction d’Asse. Comme à son habitude, elle avait acheté son titre de transport par SMS.

À quelques arrêts de sa destination, deux contrôleurs ont procédé à la vérification des billets. Salma affirme avoir présenté son téléphone, mais les agents lui auraient indiqué que son ticket n’était pas validé. Ils lui auraient ensuite demandé son numéro de téléphone ainsi qu’une pièce d’identité.

La jeune femme explique avoir d’abord présenté une photographie de son passeport italien, avant de préciser qu’elle possédait également une carte d’identité belge. Lorsqu’elle a demandé à récupérer son téléphone pour présenter ce document, le contrôleur l’aurait informée qu’elle recevrait une amende à domicile.

D’après son témoignage, le téléphone aurait ensuite été emporté par l’un des agents, qui serait descendu du bus. Salma l’aurait suivi jusqu’à l’arrêt Kobbegem De Breukeleer, situé sur la Nieuwe Steenweg, à Asse.

Elle affirme avoir alors demandé aux deux hommes de lui communiquer leurs noms et leurs numéros de badge. Selon elle, ils auraient refusé de s’identifier clairement. La situation se serait rapidement détériorée lorsqu’elle a tenté de récupérer son appareil.

Des violences et une agression sexuelle alléguées

Dans son témoignage, Salma décrit une confrontation au cours de laquelle le contrôleur l’aurait saisie par les bras, plaquée au sol et frappée au visage. Elle affirme également que l’homme aurait ensuite relevé sa jupe et écarté ses jambes, en effectuant des gestes qu’elle qualifie d’agression sexuelle et de tentative de viol.

La jeune femme dit avoir crié pour alerter les personnes présentes. Elle affirme que le second contrôleur n’est pas intervenu pour mettre fin à la scène.

Ces accusations constituent le volet le plus grave du dossier. Leur réalité, leur qualification pénale et les responsabilités éventuelles des personnes impliquées devront être établies au terme des investigations. À ce stade, les faits décrits par Salma relèvent de ses déclarations et ne peuvent être présentés comme judiciairement établis.

Deux jeunes qui passaient à proximité seraient intervenus après avoir entendu ses appels. Selon la plaignante, ils auraient réussi à interrompre l’altercation et l’auraient aidée à s’asseoir. Ils auraient également filmé une partie de la scène et lui auraient transmis les images.

C’est cette séquence, montrant notamment une prise d’étranglement, qui circule désormais sur les réseaux sociaux. Elle apporte un élément visuel au dossier, sans pour autant documenter l’intégralité des événements précédant et suivant l’enregistrement.

La prise en charge policière contestée

La police locale de la zone AMOW, compétente pour Asse, Merchtem, Opwijk et Wemmel, serait arrivée sur les lieux quelques minutes après les faits.

Salma reproche aux policiers de ne pas avoir recueilli immédiatement sa version des événements. Elle affirme avoir été en état de choc et avoir souffert d’une crise d’angoisse au moment de leur intervention. Selon son récit, les agents lui auraient conseillé de consulter un médecin afin d’obtenir un certificat médical et de leur transmettre ensuite le document.

La jeune femme s’est finalement rendue au Centre de prise en charge des violences sexuelles de l’hôpital Saint-Pierre, à Bruxelles, pour faire enregistrer sa plainte.

Son avocate, Me Hayat Karim, estime que les conditions dans lesquelles sa cliente a été prise en charge doivent également être examinées. Elle s’interroge sur les raisons pour lesquelles une jeune femme dénonçant des violences aussi graves a dû entreprendre elle-même certaines démarches pour faire acter sa plainte.

L’avocate envisage de déposer une plainte avec constitution de partie civile auprès d’un juge d’instruction. Cette démarche aurait pour objectif de permettre un examen approfondi de l’ensemble des faits dénoncés et des circonstances de l’intervention.

De Lijn annonce examiner l’incident

Interrogée sur l’affaire, la société flamande de transport public De Lijn a indiqué prendre l’incident très au sérieux. Son porte-parole a toutefois souligné que les images diffusées ne montraient qu’une partie de la scène et que les contrôleurs concernés devaient encore être entendus.

Cette position souligne la nécessité de confronter les différents témoignages, d’examiner la vidéo dans son intégralité et de recueillir les éléments médicaux et matériels susceptibles d’éclairer l’enquête.

La question des prérogatives des contrôleurs se pose également. Les agents chargés de vérifier les titres de transport peuvent constater certaines infractions et appliquer les procédures prévues par leur fonction. La légalité de leurs interventions physiques, en revanche, doit être appréciée au regard des circonstances précises et du cadre juridique applicable. Le déroulement d’un contrôle ne saurait, en lui-même, établir la légitimité de l’usage de la force.

Une enquête attendue sur l’ensemble des faits

Pour Me Hayat Karim, l’affaire ne peut être réduite à un simple différend entre une passagère et un agent de contrôle. Elle demande que les violences alléguées, les gestes à caractère sexuel dénoncés et la réaction des personnes présentes soient examinés avec rigueur.

L’enjeu est désormais de déterminer précisément le déroulement des événements : ce qui s’est produit avant le début de la vidéo, les circonstances dans lesquelles la jeune femme a été maintenue au sol, le rôle éventuel du second contrôleur et les conditions de l’intervention policière.

L’exploitation des images, l’audition des témoins, les constatations médicales et les déclarations des agents concernés seront déterminantes pour établir les faits et les responsabilités éventuelles.

Pour Salma, qui affirme subir depuis l’incident des conséquences psychologiques importantes, la procédure judiciaire représente désormais un moyen de faire reconnaître les violences qu’elle dit avoir subies. Pour les enquêteurs, il s’agit de reconstituer les faits sans se limiter à la séquence devenue virale.

À ce stade, les accusations restent à vérifier et les personnes mises en cause bénéficient de la présomption d’innocence. La gravité des faits dénoncés appelle néanmoins une enquête complète, indépendante des réactions suscitées par la diffusion des images sur les réseaux sociaux.

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