Quand la mémoire nationale devient un terrain de positionnement… les zones d’ombre autour de l’implantation de “Maghreb Al Ghad” en Belgique
Au moment où la communauté marocaine établie en Belgique continue de défendre l’image du Royaume, de préserver son identité et de transmettre aux nouvelles générations la mémoire des sacrifices consentis par leurs aînés, certaines initiatives associatives suscitent aujourd’hui de nombreuses interrogations, voire une véritable inquiétude.
La récente apparition de Mouvement Maghreb Al Ghad lors des cérémonies commémorant le 86ᵉ anniversaire de la Bataille de Gembloux, dans la ville de Gembloux, n’est pas passée inaperçue. Bien au contraire. Derrière les drapeaux, les discours et les photographies officielles, de nombreuses voix issues de la diaspora marocaine s’interrogent sur la nature réelle de cette présence et, surtout, sur les profils de certains individus aujourd’hui présentés comme représentants d’un engagement patriotique.
Car au sein du tissu associatif marocain en Belgique, plusieurs acteurs expriment, en privé comme en public, leur incompréhension face à l’émergence de figures dont les parcours, les prises de position passées ou certaines proximités idéologiques ont déjà alimenté le débat au sein de la communauté.
La question n’est pas anodine. La mémoire des soldats marocains tombés sur le sol européen ne peut être réduite à une simple opération de communication ou à une opportunité de repositionnement dans le paysage associatif de la diaspora. Gembloux n’est pas une tribune ordinaire. C’est un symbole. Un lieu chargé d’histoire, de sacrifice et de fidélité à la nation.
Dès lors, l’utilisation de cette mémoire collective dans le cadre d’opérations de visibilité politique ou associative soulève une question fondamentale : qui parle réellement au nom des Marocains de Belgique ? Et au nom de quelles valeurs ?
Plusieurs observateurs du monde associatif rappellent aujourd’hui que la représentativité ne se décrète pas à coups de communiqués, de cérémonies ou de photos protocolaires. Elle se construit dans la durée, dans la cohérence des engagements, dans la défense constante des intérêts de la communauté, mais surtout dans une fidélité sans ambiguïté aux constantes nationales.
L’implantation de structures marocaines à l’étranger constitue, en soi, une démarche légitime. Mais lorsque cette expansion s’accompagne de controverses, de divisions internes ou de questionnements sur la crédibilité de certains relais locaux, il devient naturel que la diaspora pose des questions.
Et en Belgique, ces questions deviennent aujourd’hui de plus en plus nombreuses.
Car la mémoire nationale mérite mieux que des apparitions circonstancielles. Elle exige de la cohérence, de la sincérité… et surtout, de la crédibilité.