Quand la représentation devient une énigme : Latifa Aït Baâla, “Maghreb Al Ghad” et les zones grises d’un engagement qui interroge

Rime Medaghri

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Dans la vie publique, il existe des alliances qui relèvent de la conviction, d’autres de la stratégie… et puis il y a celles qui, à force de défier toute logique politique, finissent par relever presque de l’archéologie institutionnelle.

L’apparition répétée de Latifa Aït Baâla, connue pour son rôle dans la représentation des Marocains établis à l’étranger, aux côtés de responsables liés à Mouvement Maghreb Al Ghad, n’a pas seulement surpris. Elle a déclenché, dans plusieurs cercles de la diaspora marocaine en Belgique et ailleurs, une série de questions que même les plus disciplinés des communicants peinent désormais à contourner.

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Car enfin, dans un contexte où la représentation des Marocains du monde exige clarté, exemplarité et cohérence, comment expliquer cette proximité assumée avec une structure régulièrement entourée de controverses, de polémiques internes et de débats sur ses relais, ses méthodes et ses ambitions ?

La question mérite d’être posée, non pas avec passion, mais avec méthode.

Que vient chercher une élue nationale dans un écosystème associatif dont l’image, au sein même d’une partie de la diaspora, suscite autant de réserves ?
Une convergence idéologique ?
Une stratégie de repositionnement ?
Une tentative de reconquête d’un espace politique auprès des Marocains d’Europe ?
Ou simplement cette vieille tradition politique selon laquelle, lorsque les portes institutionnelles se referment, certaines portes parallèles deviennent soudain très accueillantes ?

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Les observateurs les plus indulgents parlent de “dialogue avec toutes les sensibilités”.
Les plus lucides, eux, évoquent une opération de placement stratégique dans un réseau transnational à géométrie variable, où patriotisme, communication et intérêts personnels semblent parfois partager la même table… sans toujours partager le même menu.

Ce qui interpelle davantage encore, ce n’est pas seulement la nature de cette proximité. C’est le silence qui l’entoure.

Aucune clarification politique. Aucune mise au point publique. Aucune explication sur les objectifs poursuivis.

Dans toute démocratie mature, lorsqu’un représentant des citoyens apparaît dans des environnements associatifs controversés, la question n’est pas de condamner. La question est d’expliquer.

Parce qu’en matière de représentation nationale, les symboles comptent.

Et lorsque ceux qui prétendent parler au nom des Marocains du monde choisissent certains compagnons de route sans en expliquer la logique, ce ne sont plus seulement leurs alliances qui interrogent…

C’est leur boussole.

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