**« Retournez en Algérie » : la Suisse renvoie les Fennecs dans le premier avion
Bouchaib El Bazi
Il y a des défaites qui s’expliquent par un manque de réussite. Et puis il y a celles qui rappellent brutalement qu’entre les discours enflammés et la réalité du terrain, il existe un fossé que même les plus grands slogans ne peuvent combler. La défaite 2-0 de l’Algérie face à la Suisse appartient clairement à cette seconde catégorie.
Avant le coup d’envoi, une partie de la presse algérienne avait déjà réservé son billet pour les huitièmes, voire davantage. Les analyses triomphalistes se succédaient, les prédictions se multipliaient et certains observateurs voyaient déjà les Fennecs bousculer les plus grandes nations du football mondial. La Suisse, elle, n’a répondu ni par des déclarations tapageuses ni par des effets d’annonce. Elle a simplement joué au football.
Les Helvètes ont livré une prestation d’une précision presque horlogère. Organisation impeccable, discipline tactique, efficacité offensive : tout ce qui faisait défaut à une sélection algérienne rapidement dépassée par le rythme de la rencontre. Pendant quatre-vingt-dix minutes, les Suisses ont donné une véritable leçon de réalisme à un adversaire incapable de transformer ses ambitions en occasions franches.
L’Algérie semblait courir après un match qu’elle n’a jamais réellement maîtrisé. Les passes imprécises se sont accumulées, les espaces laissés derrière ont été exploités sans pitié et, devant, l’inspiration semblait être restée dans les vestiaires. Le gardien suisse aura finalement vécu une soirée presque aussi paisible qu’une promenade au bord du lac Léman.
Le plus ironique n’est finalement pas le score. Une défaite fait partie du football. Ce qui prête à sourire, c’est le contraste saisissant entre l’arrogance de certains commentaires d’avant-match et la pauvreté de la prestation proposée sur la pelouse. Les promesses de conquête se sont transformées en simple formalité administrative : récupérer les bagages, rejoindre l’aéroport et embarquer dans le premier vol retour vers Alger.
Le football possède cette qualité cruelle : il remet chacun à sa place. Il ne récompense ni les déclarations patriotiques ni les plateaux de télévision. Il récompense le travail, la rigueur et la maîtrise. Ce soir, la Suisse a rappelé cette vérité avec une froideur toute helvétique.
Les Fennecs quittent donc la compétition plus tôt que prévu, laissant derrière eux des supporters déçus et une multitude de questions auxquelles le staff devra répondre. Les ambitions étaient immenses, mais les certitudes se sont évaporées au premier véritable obstacle.
Au moment où l’avion décolle en direction d’Alger, une conclusion s’impose : les rêves ne se qualifient pas pour la suite d’une Coupe du monde. Seul le football le fait. Et, cette fois, la Suisse en avait tout simplement beaucoup plus que l’Algérie.