Tensions migratoires à Ceuta : 21 migrants renvoyés au Maroc après des jets de pierres contre des militaires

Rime Medaghri

Ceuta — Vingt et un migrants présents dans l’enclave espagnole de Ceuta ont été identifiés puis reconduits au Maroc après avoir lancé des pierres en direction d’une patrouille militaire, ont indiqué dimanche des sources au sein de la Garde civile espagnole.

Les faits se sont produits samedi soir sur la plage du Trampolín, un secteur où se concentrent encore de nombreux migrants vivant dans les rues de l’enclave. Alertés après que des militaires ont signalé avoir été pris pour cible, les agents de la Garde civile sont intervenus afin d’identifier les personnes impliquées. Celles-ci ont ensuite accepté de regagner volontairement le territoire marocain.

Selon les mêmes sources, l’incident n’a fait ni blessé ni dégât matériel.

Une pression migratoire qui demeure forte

Cette nouvelle confrontation intervient alors que Ceuta reste confrontée aux conséquences de l’arrivée massive de migrants enregistrée fin juillet. Près de 70 000 personnes étaient alors arrivées depuis le Maroc, dans un épisode migratoire d’une ampleur exceptionnelle. Si la majorité a quitté l’enclave dans les jours qui ont suivi, plusieurs milliers de migrants y demeurent encore.

Les estimations divergent toutefois selon les autorités. Le gouvernement espagnol évoque environ 5 000 personnes encore présentes, tandis que les autorités locales avancent un chiffre pouvant atteindre 10 000 migrants.

Depuis cette arrivée massive, plusieurs incidents ont été signalés dans cette enclave espagnole de 18,5 km², où vivent quelque 80 000 habitants. Des jets de pierres contre des patrouilles militaires ont notamment déjà conduit à des renvois vers le Maroc. Des affrontements ont également opposé des migrants aux forces de l’ordre lors de manifestations d’habitants demandant leur départ.

Madrid veut accélérer les retours

La situation place le gouvernement espagnol sous une pression politique croissante. L’exécutif est notamment critiqué par l’opposition de droite et d’extrême droite, qui lui reproche sa gestion de la crise migratoire et réclame un renforcement des mesures de contrôle.

Madrid cherche désormais à accélérer le retour des migrants encore présents dans l’enclave. Dans ce contexte, le gouvernement central a annoncé samedi sa décision de prendre le contrôle du port de Ceuta, après le refus des autorités locales, dirigées par le Parti populaire (PP), d’autoriser l’installation de structures d’hébergement temporaire destinées aux migrants.

Au-delà de l’incident survenu samedi, la situation illustre les tensions persistantes autour de la gestion migratoire à Ceuta, territoire espagnol situé sur la côte nord-africaine et régulièrement confronté aux arrivées de migrants depuis le Maroc.

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