Bruxelles : le MR menace de bloquer 131 millions d’euros destinés au logement social

Bouchaib El Bazi

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Le conflit entre le MR et le PS bruxellois se cristallise autour de la gouvernance du Foyer anderlechtois. Georges-Louis Bouchez conditionne le déblocage d’une tranche de 131 millions d’euros destinée à la Société du logement de la Région de Bruxelles-Capitale au départ de Lotfi Mostefa de la présidence de l’organisme. Une confrontation politique qui pourrait rapidement dépasser le seul cadre anderlechtois.

La tension monte au sein de la majorité bruxelloise. Le président du MR, Georges-Louis Bouchez, a clairement laissé entendre que son parti s’opposerait au versement d’une tranche de 131 millions d’euros à la Société du logement de la Région de Bruxelles-Capitale (SLRB) tant que Lotfi Mostefa restera à la tête du Foyer anderlechtois.

L’enjeu est loin d’être symbolique. Cette enveloppe constitue une partie du refinancement prévu de la SLRB et doit notamment permettre à l’organisme de respecter ses engagements financiers. Un blocage prolongé pourrait donc avoir des répercussions sur l’ensemble de la politique régionale du logement social.

Du côté du MR, la position est présentée comme une exigence de gouvernance. Le parti libéral réclame des « garanties concrètes » sur la gestion du secteur du logement social avant tout nouveau refinancement. Boris Dilliès, ministre-président bruxellois, affirme pour sa part vouloir respecter l’accord de gouvernement, tout en reconnaissant que le dossier n’a pas encore été formellement soumis au gouvernement.

Cette nuance nourrit les accusations de mise en scène politique. Plusieurs responsables de la majorité estiment que parler d’un « blocage » à ce stade est prématuré, puisque la question n’a pas encore été inscrite à l’ordre du jour du gouvernement. Le véritable bras de fer devrait donc intervenir lorsque la note relative au financement de la SLRB sera effectivement examinée.

La secrétaire d’État chargée de la SLRB, Karine Lalieux (PS), devrait présenter prochainement une note au gouvernement bruxellois. Une validation est envisagée au plus tard à la mi-octobre. C’est à ce moment que les rapports de force au sein de la coalition pourraient être réellement mis à l’épreuve.

Un bras de fer qui dépasse le Foyer anderlechtois

Derrière le cas de Lotfi Mostefa se dessine une confrontation plus large entre les deux principales forces politiques de la majorité bruxelloise. Le MR entend pousser le PS, et en particulier son président bruxellois Ahmed Laaouej, à clarifier sa position sur la gouvernance des sociétés de logement social.

Le risque, soulignent plusieurs acteurs du dossier, est de transformer un différend politique en problème budgétaire et opérationnel. La SLRB doit disposer des moyens nécessaires pour honorer ses obligations, tandis qu’un retard dans le refinancement pourrait indirectement affecter les entreprises et prestataires dépendant des investissements du secteur.

Le PTB a déjà dénoncé une attitude qu’il juge « scandaleuse », estimant que les tensions politiques ne devraient pas prendre en otage le financement du logement social.

Le dossier revêt d’autant plus d’importance que la recapitalisation globale de la SLRB, évaluée à 400 millions d’euros, figure parmi les engagements de l’accord de gouvernement bruxellois. Les 131 millions actuellement en jeu correspondent à la tranche prévue pour cette année.

La prochaine réunion du gouvernement régional pourrait ainsi constituer un premier test grandeur nature de la solidité de la coalition. Au-delà du sort réservé à Lotfi Mostefa, c’est la capacité de la majorité bruxelloise à dissocier les querelles partisanes des impératifs de politique publique qui sera observée.

À Bruxelles, le logement social reste l’un des dossiers les plus sensibles. Et cette fois, la bataille politique risque de se jouer directement sur ses moyens financiers.

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