L’Hôtel communal de Schaerbeek vandalisé : des dégâts qui pourraient coûter plusieurs milliers d’euros
Hanane El Fatihi
L’Hôtel communal de Schaerbeek s’est réveillé jeudi matin couvert de tags. Une dizaine d’inscriptions ont été découvertes sur la façade principale et aux abords de l’entrée du bâtiment historique situé place Colignon.
Parmi les messages figurent notamment « Stop couvre-feu », « Nik la police » et « Moins de police, plus de social ». Le nombre « 1312 », référence au slogan anglophone « ACAB », hostile aux forces de l’ordre, a également été inscrit sur le bâtiment.
La police a été alertée et analyse actuellement les images des caméras de surveillance afin de tenter d’identifier les auteurs, indique le bourgmestre de Schaerbeek, Martin de Brabant (MR).
Un bâtiment classé particulièrement difficile à nettoyer
Au-delà de leur caractère politique, ces inscriptions posent un problème technique et financier en raison du support sur lequel elles ont été réalisées. Plusieurs tags recouvrent en effet de la pierre bleue, un matériau particulièrement sensible aux traitements agressifs.
« Si on utilise une sableuse ou un produit trop puissant, on peut certes enlever le tag, mais il risque de pénétrer dans la pierre bleue et d’endommager le matériau », explique Deborah Lorenzino (DéFI), échevine de la Propreté publique.
Le classement patrimonial de l’Hôtel communal impose par ailleurs des précautions supplémentaires pour toute intervention sur le bâtiment. À ce stade, le montant exact des dégâts ne peut donc pas encore être déterminé. La commune devra passer par un marché public et solliciter des devis spécialisés.
L’échevine estime toutefois que la facture pourrait atteindre plusieurs milliers d’euros. Quant aux inscriptions, elles pourraient rester visibles plusieurs jours, voire plusieurs semaines, le temps de trouver la méthode de nettoyage adaptée.
Des messages qui visent aussi la politique communale
Certaines inscriptions semblent directement liées aux débats qui traversent actuellement Schaerbeek. Le message « Stop couvre-feu » fait notamment référence à la fermeture nocturne imposée à certains commerces du quartier Nord.
Le bourgmestre affirme être en contact avec plusieurs commerçants opposés à cette mesure, tout en assurant que les échanges restent constructifs. Une première évaluation de son application avait fait apparaître une diminution des faits les plus graves durant les heures concernées, entre 1 h et 6 h du matin.
Une nouvelle évaluation doit intervenir au terme des six mois d’application du dispositif. Martin de Brabant précise toutefois qu’il ne souhaite pas que celui-ci devienne permanent.
« Il existe d’autres moyens pour interpeller les élus »
Pour Deborah Lorenzino, le problème ne réside pas dans la possibilité de contester une décision politique, mais dans la manière choisie pour le faire.
« Ce qui est choquant, ce n’est pas qu’on puisse exprimer une opinion, mais de vandaliser un lieu qui représente les instances démocratiques de la commune », estime l’échevine.
La commune entend déposer plainte et espère que l’exploitation des images de vidéosurveillance permettra d’identifier les responsables.
Le bourgmestre assure, de son côté, qu’il ne compte pas céder à la pression : « Je ne serai pas intimidé par ce genre de dégradation. »
Au-delà du coût financier, l’épisode rappelle la difficulté de concilier contestation politique, maintien de l’ordre public et protection d’un patrimoine communal particulièrement vulnérable.