Bruxelles rouvre le dossier sensible des prix du stationnement.

Hanane El Fatihi

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Au-delà de l’arbitrage budgétaire, le débat sur le stationnement dans la capitale révèle une fracture classique des politiques urbaines : l’écart persistant entre les ambitions régionales et les réalités vécues dans les communes. Dans ce paysage tendu, la nomination d’Abdellah Achaoui (PS) à la tête de Parking.Brussels marque une volonté de recentrer la question tarifaire tout en désamorçant les conflits politiques.

Accusée de fonctionner comme une « machine à encaisser », l’agence régionale porte un passif lourd qui mine sa légitimité sociale. Conscient de cet écueil, le nouveau président entend redorer l’image de l’institution en instaurant une culture de service ancrée dans le terrain. Son parcours local à Molenbeek lui confère une familiarité précieuse avec les rouages institutionnels, qu’il entend mobiliser pour corriger le tir sans céder à la démagogie.

 Entre pragmatisme et continuité stratégique

D’emblée, Abdellah Achaoui pose les bases d’une méthode axée sur l’écoute opérationnelle. La réévaluation des tarifs est officiellement mise à l’ordre du jour, une précision qui ancre le sujet dans une séquence administrative concrète plutôt que dans de simples effets d’annonce.
Pour autant, le président balaie l’idée d’une gratuité généralisée : la révision doit s’envisager comme un rééquilibrage économique et non comme un effondrement du modèle de financement. Une clarification similaire a été apportée concernant le plan Good Move. En affirmant qu’il n’est « pas anti-Good Move », Achaoui refuse l’affrontement frontal des dogmes de mobilité. L’enjeu n’est pas de rejeter la philosophie générale de réorganisation de l’espace public, mais d’en ajuster les instruments — à commencer par les prix et les règles d’usage.

Rétablir le dialogue avec les communes

La réussite de ce chantier dépendra avant tout de la capacité de l’agence à retisser le lien avec les autorités locales. Bruxelles ne constitue pas un bloc uniforme : de Woluwe-Saint-Lambert à Uccle, en passant par Auderghem et la Ville de Bruxelles, la densité et l’impact de la circulation varient considérablement. Jusqu’à présent, les politiques régionales ont trop souvent péché par une verticalité perçue comme autoritaire, provoquant des reports de charge et de vives crispations sur la voirie.
En convoquant l’ensemble des communes, la nouvelle présidence tente de corriger ce déficit de concertation. La démarche vise à bâtir des solutions fondées sur des critères objectifs, en phase avec les spécificités de chaque quartier.

Revoir la méthode pour restaurer la confiance

Au-delà de la question des montants, la contestation citoyenne vise les modalités d’application et la dureté de certaines procédures de recouvrement. Les critiques ont fréquemment pointé du doigt un recours jugé disproportionné à des mesures dissuasives. Sur ce point, la direction annonce vouloir orienter la gouvernance vers une gestion plus saine et soucieuse de l’intérêt général.
La notion de « réévaluation » prend alors tout son sens. Loin d’un simple rabais unilatéral, elle s’annonce comme une redéfinition des paramètres de régulation : ajustement des catégories, modulation temporelle et recherche de proportionnalité.
À l’heure où les équilibres politiques restent fragiles, les citoyens jugeront sur pièces. Le véritable défi pour Parking.Brussels ne se résume pas à une simple ligne budgétaire : il s’agit de transformer une institution perçue comme punitive en un véritable outil de service public.

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