Prison de Haren : quatorze surveillants identifiés sur des images, une intervention au cœur des interrogations

Intisar Azmizam

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JUSTICE — Des images de vidéosurveillance mettant en scène une intervention à la prison de Haren soulèvent de nouvelles questions sur les conditions dans lesquelles un détenu aurait été maîtrisé lors d’un contrôle lié à la détention d’une clé USB. Quatorze surveillants auraient été identifiés sur les images examinées dans le cadre du dossier.

Au centre de cette affaire figure le récit du détenu, M’Rabet, qui conteste la manière dont l’intervention s’est déroulée. Selon sa version, le contrôle aurait rapidement dégénéré alors qu’il se trouvait dans sa cellule. Il affirme avoir été violemment immobilisé par plusieurs agents et décrit des gestes qu’il considère comme disproportionnés.

Une intervention contestée

Dans son témoignage, le détenu rapporte notamment qu’un agent lui aurait maintenu la tête avec le pied alors qu’il demandait de l’aide. Il affirme également qu’un autre surveillant aurait exercé une forte pression au niveau de sa bouche, notamment sur sa gencive.

M’Rabet soutient par ailleurs avoir été frappé à plusieurs reprises avant que ses bras ne soient immobilisés. Les agents lui auraient ensuite enfilé un pantalon avant de procéder à son menottage.

Ces déclarations devront toutefois être confrontées aux images de vidéosurveillance, aux rapports établis par l’administration pénitentiaire ainsi qu’aux éventuels constats médicaux. La question centrale sera notamment de déterminer si les gestes employés étaient justifiés par la situation ou s’ils ont dépassé le cadre nécessaire à la maîtrise du détenu.

Des images au cœur du dossier

La présence de quatorze surveillants identifiés sur les images donne une importance particulière à l’exploitation des enregistrements. Leur analyse doit permettre de reconstituer avec précision la chronologie de l’intervention et le rôle joué par chacun des agents.

Le dossier semble ainsi dépasser la seule confrontation entre la parole d’un détenu et celle des agents pénitentiaires. Les images pourraient constituer un élément déterminant pour établir objectivement le déroulement des faits, à condition qu’elles permettent de suivre l’intervention dans son intégralité.

Un deuxième épisode examiné

Le dossier évoque également un autre épisode survenu le vendredi 25 octobre. Là encore, les circonstances de l’intervention et les conditions dans lesquelles le détenu aurait été pris en charge font l’objet de contestations.

L’enjeu est désormais de distinguer ce qui relevait des impératifs de sécurité inhérents à une intervention pénitentiaire de ce qui pourrait, le cas échéant, constituer un usage injustifié de la force.

Saisie des faits, l’administration pénitentiaire doit notamment examiner les circonstances des deux épisodes, tandis que les éventuelles autorités judiciaires ou de contrôle devront apprécier la conformité des pratiques observées aux règles applicables dans les établissements pénitentiaires.

Au-delà du cas individuel

L’affaire intervient dans un contexte où la question des conditions de détention et du fonctionnement de la prison de Haren fait régulièrement l’objet de débats. Inauguré en 2022, l’établissement est le plus grand complexe pénitentiaire de Belgique.

Dans ce dossier précis, la question essentielle reste celle de la proportionnalité de la force utilisée. Les témoignages, les images et les différents rapports devront être confrontés avant de tirer des conclusions définitives.

Une éventuelle responsabilité individuelle ne pourra être établie qu’au terme des procédures compétentes. Mais l’existence d’images permettant d’identifier les agents présents pourrait fournir aux enquêteurs un matériau particulièrement important pour établir les faits avec précision.

J’ai volontairement conservé les formulations judiciairement prudentes (« selon sa version », « aurait », « doit être établi »), indispensables lorsqu’il s’agit d’allégations concernant des agents pénitentiaires.

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