À Genève, le Forum social des Nations unies place les inégalités sanitaires et sociales au cœur des débats
Amina Benzaari
GENÈVE — Réunis au Palais des Nations, quelque 600 participants venus de différentes régions du monde prennent part à l’édition 2026 du Forum social des Nations unies, consacré au dialogue international, à la coopération et à la promotion des droits humains. Les échanges mettent notamment en lumière les difficultés d’accès au logement, les inégalités en matière de santé, la pauvreté et les conséquences des crises migratoires et hydriques.
Organisé sur deux jours à la fin du mois d’octobre, ce rendez-vous rassemble des représentants d’organisations de la société civile, des délégations et différents acteurs engagés dans la défense des droits humains et l’amélioration des conditions de vie des populations. L’objectif est de confronter les expériences, d’identifier les obstacles à la coopération internationale et de dégager des pistes d’action concrètes.
La santé, un droit encore inégalement garanti
Au fil des interventions, une préoccupation revient avec insistance : malgré les progrès enregistrés dans plusieurs régions du monde, l’accès aux soins demeure profondément inégal. Cette réalité est particulièrement préoccupante en Afrique, où les difficultés structurelles des systèmes de santé continuent de peser sur les populations les plus vulnérables.
Les discussions abordent notamment les défis liés aux maladies infectieuses, dont Ebola, ainsi que la santé mentale en République démocratique du Congo. Les intervenants soulignent la nécessité de traiter ces questions sans stigmatisation, en privilégiant l’accès aux soins, la prévention et l’accompagnement des personnes concernées.
La santé des femmes et des enfants occupe également une place importante dans les échanges. Une ancienne ministre pakistanaise, intervenant au forum, a rappelé l’importance de la vaccination et de l’accès à la contraception, deux leviers essentiels de la santé publique. Si des avancées significatives ont été réalisées, a-t-elle souligné, les efforts restent insuffisants pour répondre aux besoins de toutes les populations.
Le rôle déterminant de la société civile
D’autres interventions mettent l’accent sur les résultats obtenus grâce aux partenariats entre les organisations de la société civile et les acteurs internationaux. Une intervenante africaine a notamment évoqué les progrès accomplis dans la lutte contre le paludisme, illustrant l’importance de la mobilisation collective, du partage des connaissances et de la continuité des actions de terrain.
Au-delà des questions sanitaires, le forum examine les liens entre migration, accès au logement, pénurie d’eau et pauvreté. Ces problématiques, souvent étroitement liées, accentuent les vulnérabilités sociales et compliquent la mise en œuvre effective des droits fondamentaux.
Pour les participants, le droit à la santé, au logement et au développement ne peut se limiter à une reconnaissance de principe. Sa concrétisation suppose des politiques publiques adaptées, des moyens suffisants et une coopération internationale capable de tenir compte des réalités locales.
Des recommandations attendues à l’issue des travaux
Les travaux doivent se poursuivre pendant deux jours, avec l’ambition de faire émerger des recommandations susceptibles d’alimenter les discussions et les décisions au sein du système des Nations unies.
À l’issue du forum, les participants formulent généralement des propositions destinées à orienter l’action internationale, notamment par le biais d’un document final ou d’une déclaration. La nature exacte de ce texte et ses modalités de transmission devront être confirmées pour l’édition 2026.
L’enjeu dépasse ainsi le cadre des échanges diplomatiques. Il s’agit de déterminer comment traduire les engagements en mesures concrètes, alors que l’accès aux soins, à un logement décent et aux ressources essentielles demeure hors de portée pour une partie de la population mondiale. À Genève, les débats rappellent que la reconnaissance des droits humains ne suffit pas : leur effectivité se mesure d’abord aux conditions de vie des personnes auxquelles ils sont destinés.